P1 Ventures est un fonds de capital-risque pan-africain qui intervient dès les premiers tours, pre-seed et seed, dans des sociétés de logiciel africaines. Créé en 2020 par deux opérateurs devenus investisseurs, il a bouclé 50 millions de dollars sur son premier fonds institutionnel, la clôture finale étant annoncée en février 2025, avec plus de 60 millions de dollars d'actifs sous gestion. Au Maroc, son nom est associé à deux dossiers connus, Chari et Nuitee. Cette fiche sépare les communiqués du fonds, la presse économique et les annuaires d'investisseurs, parce que les ordres de grandeur de ticket ne se valent pas tous.
P1 Ventures en bref : deux opérateurs et un premier fonds institutionnel
P1 Ventures a été co-fondé en 2020 par Mikael Hajjar et Hisham Halbouny. Le premier, né à Dakar et élevé à Nouakchott, est ingénieur de Berkeley, diplômé de Stanford, et a lancé des produits chez Areva, Google et Zum avant de passer à l'investissement. Le second, égyptien, a travaillé chez Man Capital, où il a piloté une plateforme de private markets incluant Uber et Bolt, puis chez EFG Hermes comme managing director, avec plus de 10 milliards de dollars d'opérations de fusion-acquisition et d'introductions en bourse conseillées. Leur argument tient dans une phrase : ce sont des anciens opérateurs, pas des banquiers de sortie.
Le premier fonds institutionnel de 50 millions de dollars a fait l'objet d'un premier close de 25 millions en septembre 2023, puis d'une clôture finale annoncée en février 2025, qui porte les actifs sous gestion au-delà de 60 millions. Les investisseurs comprennent l'IFC, le bras privé de la Banque mondiale, Mohamed Mansour, le groupe Axian, Bernard Dalle d'Index Ventures et Anish Acharya d'Andreessen Horowitz. Avant cette collecte, un fonds de preuve avait déjà financé Yassir et Chari, ce que l'AVCA cite comme démonstration de la thèse.
La thèse de P1 Ventures : du logiciel africain à vocation mondiale
La position de P1 Ventures se résume au slogan « Made in Africa for the World » : des produits logiciels conçus en Afrique, vendus au continent puis au-delà. Les secteurs cités en 2023 sont la fintech, l'e-commerce, l'healthtech, l'insurtech, le SaaS et l'IA. La répartition annoncée en février 2025 prévoit environ la moitié du capital en Afrique francophone du Nord, de l'Ouest et du Centre, le reste allant au Nigeria, en Afrique du Sud, en Égypte et au Kenya.
Le fonds affirme travailler avec une base de deal flow propriétaire d'environ 10 000 sociétés africaines, alimentée par des outils de data science développés en interne. Sur son site officiel, le portefeuille compte 29 sociétés dans 20 pays, qui auraient créé plus de 6 000 emplois directs, et un dollar investi aurait été suivi de 35 dollars levés en moyenne. Ces chiffres viennent du fonds, sans tiers vérificateur : à citer comme tel.
Tickets, stades et critères : ce que P1 Ventures rend public
Le site officiel de P1 Ventures ne publie pas de fourchette de ticket : c'est le point à retenir avant tout dialogue. Les montants qui circulent viennent d'annuaires et de comparatifs, qui situent le premier chèque entre 250 000 et 2 millions de dollars selon les sources. Il faut y voir un ordre de grandeur seed, pas un engagement. En entretien, les associés décrivent une méthode simple : un premier chèque, puis une mise de côté à hauteur du dollar pour financer les tours suivants.
Les stades vont du pre-seed au seed, avec des participations qui se poursuivent en Série A, comme le montrent les tours de Yassir ou de Nuitee. Le critère répété est le logiciel à vocation régionale ou mondiale, porté par une équipe ambitieuse et une traction mesurable. Rien n'est dit sur un seuil de chiffre d'affaires minimal : la lecture des dossiers paraît qualitative.
| Élément | Donnée retenue | Origine |
|---|---|---|
| Stades | Pre-seed et seed, avec suites en Série A et B | Presse économique et opérations connues |
| Premier chèque | Fourchette non publiée par le fonds ; ordres de grandeur tierces de 250 000 à 2 M$ | Annuaires d'investisseurs, à confirmer en direct |
| Taille du fonds | 50 M$ au premier fonds institutionnel, plus de 60 M$ d'AUM | AVCA, Bloomberg, Africa Global Funds |
| Secteurs | IA, logiciel d'entreprise, fintech, santé, e-commerce | Site officiel et presse 2023-2025 |
| Marchés | Afrique francophone à hauteur d'environ la moitié, plus Nigeria, Égypte, Afrique du Sud, Kenya | Déclarations des associés, février 2025 |
| Base marocaine | Aucune adresse Casablanca publiée ; présence par le portefeuille | Site officiel, pages équipe |
Chari et Nuitee : la trace marocaine de P1 Ventures
Le Maroc apparaît chez P1 Ventures par le portefeuille plutôt que par l'adresse. Chari, la marketplace B2B devenue néobanque, est citée comme la première société marocaine à atteindre 100 millions de dollars de valorisation et à acquérir une banque. Nuitee, plateforme de réservation hôtelière propulsée par l'IA et originaire du Maroc, a levé une Série A de 48 millions de dollars menée par Accel, P1 Ventures étant le seul fonds africain du tour.
Deux signaux complémentaires : Bernard Dalle, co-fondateur d'Index Ventures, est senior advisor du fonds et a grandi au Maroc, et le pays figure parmi les marchés cibles déclarés du fonds. En revanche, aucune page officielle ne liste d'antenne à Casablanca : une adresse marocaine affichée par un annuaire n'est pas confirmée par le fonds lui-même.
Candidater auprès de P1 Ventures depuis le Maroc
Le site officiel ne publie pas de formulaire de dépôt. La porte d'entrée réelle passe par l'équipe, et par les circuits habituels : accélérateurs, investisseurs angel, démos et introductions de pairs. Un dossier froid se classe vite, la recommandation d'un intervenant connu du fonds change la donne. Vérifiez aussi votre stade avant d'écrire : un tour de trésorerie n'est pas un pre-seed, et le fonds travaille sur des produits logiciels.
Le dossier attendu tient en cinq points : le problème résolu, la preuve d'usage chiffrée, l'équipe et ce qu'elle a déjà construit, l'ambition régionale ou mondiale, l'usage précis des fonds. Deux ressources locales pour s'entraîner avant la démarche : Startup Venture Building pour structurer un projet amorceur, et Business angels au Maroc pour tester le récit sur des tickets plus petits.
Les limites à connaître avant de viser ce fonds
Trois réserves. Le ticket n'est pas publié : toute fourchette lue dans un annuaire relève d'une estimation, à confirmer au premier échange. Les chiffres de portefeuille varient selon la date de publication, 29 sociétés sur le site officiel contre 34 dans la presse de 2025. Et P1 Ventures n'est pas un fonds de croissance : si vous levez plusieurs dizaines de millions, ce n'est pas le bon interlocuteur en premier tour.
Questions fréquentes
P1 Ventures investit-il au Maroc ?
Oui, par le portefeuille : Chari et Nuitee sont deux dossiers marocains, et le pays figure parmi les marchés cibles du fonds. En revanche, aucune antenne de Casablanca n'est publiée sur ses pages officielles, l'accès passant par l'équipe et son réseau.
Quel montant peut-on lever avec P1 Ventures ?
Le fonds ne communique pas de fourchette officielle. Les sources tierces évoquent un premier chèque de 250 000 à 2 millions de dollars pour un stade pre-seed ou seed. À traiter comme un ordre de grandeur, pas comme une garantie, et à confirmer dès le premier appel.
Quelle différence avec un fonds d'amorçage marocain comme Maroc Numeric Fund II ?
La logique est d'abord géographique : P1 Ventures cherche des logiciels africains à vocation mondiale et couvre plusieurs pays, quand les fonds marocains travaillent sur l'écosystème local. Rien n'interdit de cumuler les deux au tour suivant.
Conclusion
P1 Ventures est un fonds early-stage pan-africain structuré autour de deux opérateurs, de plus de 60 millions de dollars d'actifs et d'une thèse logicielle claire, avec au Maroc deux références parlantes, Chari et Nuitee. Ce qui manque : la publication d'un ticket, la première question à poser.
Votre société est-elle au stade pre-seed avec un produit logiciel vendu hors du Maroc, ou cherchez-vous plutôt un tour de Série A déjà amorcé ?