Financement

Startup Venture Building : construire sa startup avec Tamwilcom

Startup Venture Building : construire sa startup avec Tamwilcom

Startup Venture Building est le programme par lequel le ministère de la Transition numérique et de la réforme de l'administration, avec Tamwilcom, prend en charge les startups marocaines depuis le prototype jusqu'à la préparation d'une levée de fonds série A. Lancé à Rabat le 17 décembre 2025, il associe quatre instruments financiers et six opérateurs d'accompagnement, marocains et internationaux. Pour un fondateur, l'intérêt tient à ce que les aides et les prêts s'enchaînent selon le stade du projet, au lieu de se présenter comme un guichet unique à remplir une fois.

Startup Venture Building : ce que propose Tamwilcom

Le ministère porte le programme et Tamwilcom l'opère, dans le cadre de la stratégie nationale Maroc Numérique 2030. La cérémonie de Rabat, présidée par la ministre Amal El Fallah Seghrouchni et par le directeur général de Tamwilcom, Said Jabrani, a marqué la signature des conventions avec les organisations partenaires. Le site de Tamwilcom présente le dispositif comme un parcours structuré qui combine accompagnement intensif et appui financier, avec une entrée de gamme destinée à financer le temps du fondateur lui-même.

Le périmètre annoncé couvre les startups marocaines innovantes comportant une composante digitale, créées depuis moins de huit ans et prêtes à passer à l'échelle. L'objectif publié fait état de plus de 800 startups accompagnées sur trois ans, avec un budget total supérieur à 700 millions de dirhams. La presse régionale a annoncé l'équivalent de 69 millions de dollars au moment du lancement, Wamda reprenant les termes publiés par Tamwilcom.

Les quatre instruments financiers du Startup Venture Building

Les quatre instruments se lisent comme une suite, et non comme un catalogue. La bourse de vie verse une allocation mensuelle au fondateur pour qu'il puisse se consacrer entièrement au projet. La bourse d'incubation finance les débuts de maturation, prototype, tests, validation du marché, identité visuelle, pour des montants allant jusqu'à 200 000 dirhams. Le prêt d'honneur, sans intérêt et sans garantie, va jusqu'à 500 000 dirhams et sert à la mise sur le marché et aux premiers clients. Le prêt graine, également sans garantie, va de 500 000 à 2 millions de dirhams et complète une levée pour accélérer la croissance.

InstrumentMontant annoncéUsageRemboursement
Bourse de vieAllocation mensuelle au fondateurVivre du projet pendant la constructionAide non remboursable
Bourse d'incubationJusqu'à 200 000 DHPrototype, tests, validation, marqueAide non remboursable
Prêt d'honneurJusqu'à 500 000 DHMise sur le marché, premiers clientsSans intérêt, sans garantie
Prêt graineDe 500 000 à 2 000 000 DHAccélération après une levéeSans garantie, selon l'échéancier du programme

Le point qui distingue cette offre des prêts habituels tient au rôle du fondateur : la bourse de vie admet qu'une personne qualifiée puisse quitter un salaire pour construire un projet. Peu de dispositifs publics financent ainsi le temps du fondateur, qui reste le premier obstacle au passage d'un salaire à un projet.

Les six opérateurs et le parcours d'accompagnement

Les partenaires signataires réunissent deux structures marocaines, CEED Maroc et Technopark, et quatre internationales : Flat6Labs, Open Startup International, Renew Capital et 500 Global. Chacun publie ses propres appels, sélectionne des startups, puis applique le parcours du programme avec son réseau de mentors et ses critères de passage d'étape. Un même projet peut donc enchaîner une incubation chez un opérateur et un prêt graine plus tard, sans changer de cadre.

Les appels ne partent pas du même point. Open Startup, par exemple, a ouvert un parcours pré-seed de six mois destiné à des startups deeptech marocaines qui ont dépassé la preuve de concept et construisent leur prototype, dans des domaines comme la santé ou le climat. Le calendrier se publie opérateur par opérateur, sur leurs propres canaux, et non sur une page unique nationale.

Qui peut candidater

Les conditions publiées tiennent en trois points. Une existence limitée à moins de huit ans pour la structure, ce qui exclut les entreprises établies mais laisse la porte ouverte aux sociétés récentes. Une composante digitale dans l'offre, sans exiger que le produit soit un logiciel pur. Un stade qui permet d'être utile : du prototype en cours de construction jusqu'à la préparation d'une série A, c'est-à-dire des projets qui ont déjà quelque chose à montrer.

Le dossier demande l'habitude de tout appel à projets : présentation du problème, preuve de traction, modèle économique, équipe, besoin chiffré et calendrier. L'élément qui fait la différence chez ces opérateurs est la démonstration d'usage. Un prototype testé par de vrais utilisateurs, même sur un échantillon réduit, pèse davantage qu'un prévisionnel détaillé sans client.

Financer ce que le programme ne couvre pas

Un programme d'accompagnement ne finance pas l'équipement, le fonds de roulement d'une société qui grandit vite, ni une acquisition ponctuelle. Pour ces besoins, les instruments voisins restent d'actualité : Damane Express de Tamwilcom accorde un prêt d'honneur complémenté d'un crédit de court terme, avec une garantie publique sur la part bancaire. Et avant tout appel à un investisseur, la banque regardera votre apport en fonds propres, qui reste le premier signal de votre engagement dans le projet.

Questions fréquentes

Faut-il déjà avoir une société immatriculée pour candidater ?

Le programme vise des startups créées depuis moins de huit ans, donc une structure doit exister au moment de l'accompagnement. Les porteurs qui n'ont pas encore de société se tournent d'abord vers les premières semaines d'incubation d'un opérateur partenaire, qui servent justement à constituer le projet avant la création.

Les bourses sont-elles remboursables, comme les prêts ?

Non. La bourse de vie et la bourse d'incubation sont des aides. Le prêt d'honneur et le prêt graine sont des emprunts, le premier sans intérêt ni garantie, le second sans garantie, avec des modalités de remboursement fixées par le programme au moment de l'octroi.

Par qui candidater concrètement ?

Par l'un des six opérateurs partenaires : CEED Maroc, Technopark, Flat6Labs, Open Startup International, Renew Capital et 500 Global. Chacun publie ses propres appels et son calendrier, avec le ministère comme financeur et Tamwilcom comme opérateur du programme.

Conclusion

Startup Venture Building apporte ce que la plupart des dispositifs marocains séparent : du temps financé pour le fondateur, une bourse de prototype, un prêt d'honneur sans garantie et un prêt graine, avec six opérateurs pour la mise en œuvre. Le budget supérieur à 700 millions de dirhams et la cible de plus de 800 startups sur trois ans sont les chiffres annoncés par le ministère et Tamwilcom au lancement ; reste à voir la répartition des appels entre opérateurs au fil des mois.

Votre projet en est au prototype, ou avez-vous déjà des clients et cherchez-vous maintenant les moyens d'accélérer ?

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Redaction

Auteur chez Maroc Entreprise