Ahmed Rahhou est le premier ministre de l'Intelligence artificielle du Maroc. Nommé le 16 octobre 2026 par le roi Mohammed VI à la tête du ministère de l'Intelligence artificielle, de la Transformation numérique et de la Réforme de l'administration, il succède dans ce périmètre à Amal El Fallah Seghrouchni lors de la passation des pouvoirs du 19 octobre 2026 à Rabat. Polytechnicien, ancien patron du Crédit du Maroc, de Lesieur Cristal et surtout de CIH Bank, ancien ambassadeur du Maroc auprès de l'Union européenne puis président du Conseil de la concurrence, Ahmed Rahhou arrive au gouvernement avec un profil de gestionnaire et de régulateur. Voici son parcours et les chantiers qui l'attendent.
Ahmed Rahhou : de Meknès à l'École polytechnique
Ahmed Rahhou naît le 25 juin 1958 à Meknès. Il obtient un baccalauréat scientifique en 1976 au lycée Moulay Abdallah de Casablanca, puis poursuit ses études supérieures à Paris : il est diplômé de l'École polytechnique en 1980 et de l'École nationale supérieure des télécommunications — aujourd'hui Télécom Paris — en 1982. Cette double formation d'ingénieur lui donne d'emblée une lecture structurelle des organisations : la technologie n'a de valeur que lorsqu'elle sert un modèle économique.
Il débute sa carrière en octobre 1982 au sein de Royal Air Maroc, responsable du service informatique jusqu'en 1985. Il enchaîne avec un passage dans le conseil en organisation et en stratégie auprès d'un cabinet français, avant de rejoindre le secteur bancaire. Au Crédit du Maroc, Ahmed Rahhou gravit les échelons et est nommé en 1994 directeur général adjoint et membre du directoire. Ces années de banque de détail lui apprennent les métiers du financement de l'économie, qu'il retrouvera plus tard à la tête de la CIH Bank.
Lesieur Cristal et CIH Bank : l'expérience du pilotage d'entreprise
En mars 2003, Ahmed Rahhou prend la présidence et la direction générale de Lesieur Cristal, l'un des grands groupes agro-industriels du Royaume, spécialisé dans les huiles alimentaires. Il dirige l'entreprise pendant six ans, jusqu'en 2009, dans un secteur exposé aux variations des cours agricoles — une école des marges et de la régulation des prix.
Le 6 octobre 2009, le roi Mohammed VI le nomme président-directeur général de CIH Bank. La banque est fragilisée par des dossiers hérités du passé : Ahmed Rahhou les traite, redresse l'établissement et fait du digital son principal levier, préférant digitaliser la banque elle-même plutôt que de bâtir des solutions en marge de son activité. L'application mobile MyCIH est lancée en mai 2014, la même année que la suppression des dates de valeur. Son offre gratuite Code 30, destinée aux moins de 30 ans, capte 100 000 jeunes clients en 2016, et la stratégie est étendue à Umnia Bank, la filiale participative du groupe. Il dirige CIH Bank pendant dix ans ; en 2019, Lotfi Sekkat lui succède et poursuit la même ligne digitale. Le crédit à la consommation, pilier historique de la banque, reste un enjeu central de la financière marocaine, comme l'illustre notre simulateur de crédit. Retrouvez l'histoire complète de l'établissement dans notre portrait de CIH Bank.
De Bruxelles au Conseil de la concurrence
Parallèlement à ses responsabilités d'entreprise, Ahmed Rahhou est nommé en 2011 membre du Conseil économique, social et environnemental (CESE) en qualité d'expert. Le 7 février 2019, il devient ambassadeur, chef de la mission diplomatique du Maroc auprès de l'Union européenne et représentant du Royaume auprès de la Communauté européenne de l'énergie atomique (Euratom) : un poste à la croisée du politique et de l'économique, au contact des régulateurs européens.
Le 22 mars 2021, le roi Mohammed VI le nomme président du Conseil de la concurrence, en remplacement de Driss Guerraoui. Autorité indépendante, le Conseil surveille les pratiques anticoncurrentielles et contrôle les opérations de concentration — la commission permanente a ainsi autorisé en juin 2026 des joint-ventures impliquant CTM et Transdev Maroc. Ahmed Rahhou y signe, dès 2021, un mémorandum d'entente avec la Commission grecque de la concurrence dans le cadre d'un programme européen de jumelage. Il mise déjà sur l'intelligence artificielle comme levier de transparence des marchés : une intuition qui préfigure son poste suivant.
Ahmed Rahhou à la tête du ministère de l'Intelligence artificielle
Le 16 octobre 2026, lors de la composition du gouvernement de Fatima Ezzahra El Mansouri, première femme cheffe de gouvernement du Maroc, le roi Mohammed VI nomme Ahmed Rahhou ministre de l'Intelligence artificielle, de la Transformation numérique et de la Réforme de l'administration. Première au Royaume : l'IA figure explicitement dans l'intitulé d'un ministère de plein exercice, qui reprend le périmètre de la transition numérique jusque-là confié à une ministre déléguée. Aïcha Guellaa est nommée ministre déléguée auprès du ministre, chargée de la Réforme de l'administration.
Le 19 octobre 2026, la passation des pouvoirs se déroule à Rabat avec Amal El Fallah Seghrouchni. Ahmed Rahhou y fixe deux objectifs complémentaires : améliorer le fonctionnement de l'administration — simplifier les démarches des citoyens, renforcer transparence, gouvernance et lutte contre la corruption — et développer une véritable économie de l'intelligence artificielle, capable d'attirer les investissements, de soutenir les startups et de créer des emplois à forte valeur ajoutée.
L'héritage reçu est déjà conséquent. Les premières Assises nationales de l'IA, organisées les 1er et 2 juillet 2025 à Rabat, ont installé l'intelligence artificielle parmi les priorités nationales. La feuille de route « Maroc IA 2030 », présentée en janvier 2026, fixe à l'horizon 2030 la création de 100 milliards de dirhams de valeur ajoutée, de 50 000 emplois et la formation de 200 000 talents, avec un réseau d'Instituts Al-Jazari et un laboratoire commun avec le français Mistral AI. La direction générale de l'IA, annoncée en octobre 2025 sous sa prédécesseure pour préparer une loi-cadre encadrant ces technologies, revient désormais à Ahmed Rahhou, de même que l'assistant administratif Idarati AI et la place de marché de l'IA dont les données sont hébergées au Maroc, au nom de la souveraineté numérique. Le défi des compétences est immense : la Banque mondiale estime à plus de 45 000 les profils spécialisés nécessaires d'ici 2030. Côté entreprises, la transformation numérique tangible — facturation électronique, outils de gestion, adoption des solutions locales — reste le chaînon entre la feuille de route et l'économie réelle, comme le montre notre guide de la facturation électronique au Maroc.
Chronologie d'Ahmed Rahhou
| Date | Étape |
|---|---|
| 25 juin 1958 | Naissance à Meknès |
| 1980-1982 | Diplômé de l'École polytechnique puis de Télécom Paris |
| 1982-1985 | Service informatique de Royal Air Maroc |
| 1994 | Directeur général adjoint et membre du directoire du Crédit du Maroc |
| Mars 2003 | Président et directeur général de Lesieur Cristal (jusqu'en 2009) |
| Octobre 2009 | Président-directeur général de CIH Bank (jusqu'en 2019) |
| 2011 | Membre du Conseil économique, social et environnemental (expert) |
| Février 2019 | Ambassadeur du Maroc auprès de l'Union européenne (7 février) |
| Mars 2021 | Président du Conseil de la concurrence (22 mars) |
| 16 octobre 2026 | Ministre de l'IA, de la Transformation numérique et de la Réforme de l'administration |
| 19 octobre 2026 | Passation des pouvoirs à Rabat avec Amal El Fallah Seghrouchni |
Questions fréquentes sur Ahmed Rahhou
Qui est Ahmed Rahhou, ministre de l'Intelligence artificielle du Maroc ?
Ahmed Rahhou est un ingénieur et dirigeant marocain né le 25 juin 1958 à Meknès, diplômé de l'École polytechnique (1980) et de Télécom Paris (1982). Il a dirigé Lesieur Cristal (2003-2009) et CIH Bank (2009-2019), représenté le Maroc auprès de l'Union européenne (2019-2021) et présidé le Conseil de la concurrence (2021-2026) avant d'être nommé, le 16 octobre 2026, ministre de l'Intelligence artificielle, de la Transformation numérique et de la Réforme de l'administration.
Quelles sont les missions du ministère de l'IA dirigé par Ahmed Rahhou ?
Le ministère réunit trois missions : l'encadrement et le développement de l'intelligence artificielle (loi-cadre en préparation, place de marché souveraine), la transformation numérique des services et des organisations, et la réforme de l'administration, seconduée par la ministre déléguée Aïcha Guellaa. Les cibles « Maroc IA 2030 » fixent 100 milliards de dirhams de valeur ajoutée, 50 000 emplois et 200 000 talents formés.
Quel bilan Ahmed Rahhou a-t-il laissé à la CIH Bank ?
PDG d'octobre 2009 à 2019, il y traite les dossiers fragiles hérités du passé et fait du digital le cœur de la transformation : application MyCIH lancée en 2014, suppression des dates de valeur, offre gratuite Code 30 qui capte 100 000 jeunes clients en 2016, puis extension de la stratégie à Umnia Bank.
Un régulateur devenu architecte d'une ambition nationale : le succès d'Ahmed Rahhou se mesurera à la capacité du Maroc à transformer ses talents numériques en entreprises exportatrices. Quel usage de l'intelligence artificielle ferait-vous gagner le plus de temps dans votre administration ou votre entreprise ? Dites-le en commentaire.