Financement

Verod-Kepple Africa Ventures : 60 M$ pour la Série A et B

Verod-Kepple Africa Ventures : 60 M$ pour la Série A et B

Verod-Kepple Africa Ventures, connu sous l'acronyme VKAV, est un fonds pan-africain qui intervient aux stades Série A et Série B depuis Lagos et Nairobi. Sa première collecte s'est achevée à 60 millions de dollars en avril 2024, après un premier close de 43 millions en mars 2023, avec des tickets compris entre 1 et 3 millions de dollars par société. L'entité exacte est un joint venture entre Verod Capital, private equity ouest-africain, et Kepple Africa Ventures, fonds tokyoïte. Au Maroc, le fonds est connu pour son investissement de 1,5 million de dollars dans Chari, annoncé le 29 juin 2023.

Verod-Kepple Africa Ventures en bref : qui est derrière le fonds

Le fonds est un véhicule à double culture. D'un côté Verod Capital, acteur de private equity basé en Afrique de l'Ouest, qui apporte la discipline opérationnelle. De l'autre Kepple Africa Ventures, VC basé à Tokyo, qui apporte le réseau asiatique et la culture startup. L'association a été présentée en 2022, certains documents de presse datant sa constitution de 2021. Trois associés signent les communiqués : Satoshi Shinada et Ryosuke Yamawaki, venus du pôle japonais, et Ory Okolloh, figure de l'écosystème kenyan.

Deux bureaux seulement sont publiés sur le site officiel : Lagos, sixième étage d'Heritage Place, 21 Lugard Avenue, et Nairobi, JAHAZI, 154 James Gichuru Road. Il n'existe pas d'adresse de Casablanca dans les pages du fonds, contrairement à ce que peuvent afficher certains annuaires. La couverture de l'Afrique francophone passe par les associés et leur réseau, pas par une implantation locale.

Le premier fonds VKAV : collecte, investisseurs et objectif

La trajectoire de collecte est documentée par les communiqués du fonds et par la presse. Premier close à 43 millions de dollars en mars 2023, réunissant notamment SBI Holdings, Toyota Tsusho, Sumitomo Mitsui Trust, la Japan International Corporation Agency et le Japan ICT Fund. En avril 2024, la clôture finale est annoncée à 60 millions de dollars, avec l'entrée de SCM Capital, anciennement Sterling Capital Markets, au Nigeria, ainsi que de Taiyo Holdings et C2C Global Education Japan. D'autres investisseurs sont venus ensuite, comme le fonds public-privé japonais JICT et la société d'analyse de consommation Yoren, qui a investi en direct dans Autochek et Chari avec l'appui du fonds.

L'objectif affiché est de couvrir jusqu'à 21 sociétés de croissance africaines, en comblant le manque de capitaux locaux au moment du passage à la Série A et à la Série B. En mai 2023, VKAV indique avoir été désigné, dans un sondage de Jeune Afrique, comme l'investisseur préféré des startups en Afrique. C'est une donnée de communication, à citer comme telle.

Tickets, stades et thèse d'investissement

Les chiffres publiés sont cohérents entre le site et les dépêches : un ticket de 1 à 3 millions de dollars par société, avec possibilité de suivi, un ticket moyen constaté de 1,5 million, et 17,5 millions de dollars déjà déployés dans 12 sociétés au moment de la clôture. Les pays couverts à cette date sont le Nigeria, l'Égypte, le Kenya, le Maroc, la Côte d'Ivoire et l'Afrique du Sud. Le stade déclaré est la Série A, avec une souplesse vers le pré-Série A quand l'opportunité le justifie.

La thèse s'organise en trois familles : les sociétés qui construisent des infrastructures numériques, celles qui résolvent des frictions entre entreprises ou entre entreprises et consommateurs, et celles qui créent de nouveaux marchés. Les secteurs cités couvrent la fintech, la mobilité, l'e-commerce, la proptech, la deeptech, l'insurtech, l'énergie et la santé. Le fonds revendique par ailleurs un apport de valeur opérationnelle, avec un appui sur le recrutement, le juridique, l'ESG et la finance, tiré de l'ADN private equity de Verod.

ÉlémentDonnée publiéeOrigine
Ticket par société1 à 3 M$, suivi possibleSite VKAV, TechCrunch
Ticket moyen1,5 M$ dans 12 sociétés, 17,5 M$ déployésDépêches avril 2024
Collecte43 M$ en mars 2023, 60 M$ en avril 2024Communiqués VKAV, Wamda
StadesSérie A et Série B, avec tolérance pré-Série ASite VKAV, presse
CiblesJusqu'à 21 sociétés de croissanceTechCrunch, TechPoint
BureauxLagos et Nairobi uniquementSite VKAV

La place du Maroc dans le portefeuille Verod-Kepple Africa Ventures

Le Maroc est présent dans le portefeuille par Chari, la marketplace B2B de produits de grande consommation qui fournit les épiceries marocaines et développe des services financiers. Le communiqué du 29 juin 2023 annonce 1,5 million de dollars investis pour soutenir le plan de croissance de la société, avec la nomination de Ryosuke Yamawaki comme conseiller stratégique. La société est basée à Casablanca et dispose d'un centre de service client d'une centaine de personnes, ce qui ancre l'opération dans l'économie locale. Chari apparaît aussi dans les portefeuilles d'autres fonds, ce qui en fait l'un des dossiers marocains les plus courtisés de sa génération.

Le site VKAV présente également Tagaddod, Moove, KOKO Networks, Shuttlers, Nawy, Julaya, NowPay, Chefaa, Cloudline et Zone, sans indiquer de siège marocain. La lecture honnête est la suivante : VKAV investit au Maroc, mais ne s'y est pas installé. Une société marocaine qui vise ce fonds doit donc se préparer à un échange à distance, depuis Lagos ou Nairobi.

Candidater auprès de VKAV depuis le Maroc

Le site officiel expose une page de contact et une page d'équipe, sans formulaire de dépôt structuré. La méthode réaliste reste l'introduction : un investisseur déjà présent au tour, un pair de l'écosystème, ou une mise en relation par les réseaux d'investisseurs. Le fonds travaille par conviction, avec un nombre limité de sociétés, ce qui signifie que le dossier doit tenir en quelques pages claires plutôt qu'en un livre.

À préparer : la taille de la friction que vous résolvez, votre traction mesurable, la pertinence de la technologie dans le produit, l'équipe et sa capacité à tenir une expansion multi-pays. Le stade doit être au moins une Série A amorcée avec des revenus, puisque le fonds parle explicitement de sociétés post-revenus. Deux ressources à connaître avant d'entrer en dialogue : Al Mada Ventures, pour situer votre tour par rapport aux investisseurs régionaux, et Lever des fonds en bourse, quand la sortie devient un sujet de gouvernance dès le premier tour.

Limites et vérifications à faire soi-même

Trois précautions. Le nom exact est Verod-Kepple Africa Ventures, et les communiqués utilisent aussi VKAV, tandis que certaines fiches parlent de Verod Capital ou de Kepple Africa séparément, ce qui désigne des entités différentes. Aucune adresse de Casablanca non plus, contrairement à ce qu'affirment quelques annuaires. Le dernier point concerne les chiffres : les données de déploiement datent de 2024, et le rythme d'investissement actuel se vérifie en direct, car un fonds déjà largement déployé réduit ses nouveaux tickets.

Questions fréquentes

Verod-Kepple Africa Ventures a-t-il un bureau au Maroc ?

Non. Le site officiel ne publie que deux bureaux, Lagos et Nairobi. Le Maroc est couvert comme marché, et Chari en est la preuve documentée, mais aucune adresse de Casablanca n'est revendiquée.

Quels montants ce fonds investit-il ?

Entre 1 et 3 millions de dollars par société, avec possibilité de suivi. Le ticket moyen constaté est de 1,5 million de dollars sur les premières participations, pour un stade principalement situé en Série A et Série B.

Peut-on lever chez VKAV à partir d'un seed marocain ?

Le fonds déclare une tolérance vers le pré-Série A, mais sa cible reste la Série A et la Série B, sur des sociétés déjà en revenus. Un seed pur sera difficile à caser, sauf à entrer par le réseau du fonds avec une trajectoire de levée déjà engagée.

Conclusion

Verod-Kepple Africa Ventures est un fonds de 60 millions de dollars, structuré par un partenariat private equity japonais, avec des tickets de 1 à 3 millions de dollars et une présence marocaine avérée par Chari mais sans bureau local. Le fonds apporte surtout un réseau asiatique et une discipline opérationnelle, ce qui se négocie au moment du tour.

Votre société est-elle prête pour un tour d'au moins un million de dollars avec des revenus, ou faut-il d'abord consolider une Série A plus petite ?

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Redaction

Auteur chez Maroc Entreprise