La Société Centrale de Réassurance, aujourd'hui identifiée sous le nom ATLANTIC RE, est le réassureur national marocain. Créée en 1960 par convention entre l'État marocain et la Caisse de Dépôt et de Gestion (CDG), actionnaire majoritaire à 94,41 %, elle est leader national de la réassurance et un acteur de référence africain : présence dans plus de 70 marchés, plus de 500 clients en Afrique, au Moyen-Orient et en Asie, et siège au Tour Atlas à Casablanca.
Cette fiche présente l'essentiel sur la Société Centrale de Réassurance et Atlantic Re : double identité, histoire, actionnariat, notations, implantations internationales et rôle dans le marché marocain.
Sommaire
- Atlantic Re (Société Centrale de Réassurance) en bref
- SCR ou Atlantic Re : une seule entreprise, deux noms
- Histoire : les dates clés depuis 1960
- Actionnariat et notations financières
- Un réassureur africain, moyen-oriental et asiatique
- Le pilier du marché marocain de la réassurance
- Questions fréquentes
- Conclusion
Atlantic Re (Société Centrale de Réassurance) en bref
La Société Centrale de Réassurance intervient uniquement en réassurance : elle ne couvre pas directement les particuliers, mais reçoit des cessions des compagnies marocaines et étrangères, qu'elle répartit sur le marché national et international. Fondée comme instrument d'intérêt général, elle combine une mission de régulation du marché national et une activité commerciale à l'export, notamment en Afrique.
| Élément | Détail |
|---|---|
| Création | 1960, par convention entre l'État marocain et la CDG |
| Nom actuel | ATLANTIC RE (ex-Société Centrale de Réassurance) |
| Métier | Réassurance, y compris retakaful depuis 2022 |
| Actionnariat de référence | Caisse de Dépôt et de Gestion, 94,41 % |
| Siège social | Tour Atlas, Casablanca |
| Notations | A.M. Best B++ (Good) ; Fitch AAA échelle locale (stable) |
| Implantations régionales | Abidjan, Kigali, Le Caire, Johannesburg |
| Présence | Plus de 70 marchés, plus de 500 clients |
SCR ou Atlantic Re : une seule entreprise, deux noms
Le nom Société Centrale de Réassurance désigne la même société que le nom ATLANTIC RE. Le réassureur a changé d'identité commerciale et ce rebranding a été confirmé par l'ACAPS ainsi que par le site de l'entreprise : « Atlantic Re, créé en 1960 par convention entre l'État marocain et la CDG, actionnaire majoritaire à 94 %, leader national de la réassurance et acteur de référence africain ». La dénomination historique reste utilisée dans les documents réglementaires, les rapports anciens et le langage professionnel marocain.
Pour un chef d'entreprise ou un courtier, la conséquence est simple : les deux noms renvoient au même réassureur, au même agrément et au même actionnariat. Utiliser Atlantic Re dans une communication commerciale et Société Centrale de Réassurance dans un document contractuel ou historique est donc cohérent, à condition de ne jamais les traiter comme deux entités concurrentes.
Histoire : les dates clés depuis 1960
1960 : la convention État-CDG
La société est créée en 1960 par convention entre l'État marocain et la Caisse de Dépôt et de Gestion. Cette fondation répond à un objectif d'intérêt général : doter le Royaume d'une capacité de réassurance nationale, afin de ne pas dépendre exclusivement des réassureurs étrangers pour les grands risques portés par les compagnies locales.
1964-1965 : la réassurance conventionnelle
Dès 1964-1965, la société met en place l'activité de réassurance conventionnelle, c'est-à-dire des traités de long terme conclus avec les cédants marocains. Ce dispositif structure durablement le marché national : il assure une capacité de réassurance stable, dimensionnée sur les besoins du marché, et permet au régulateur de lisser les cycles de sinistres.
2002 : une augmentation de capital de 30 à 300 M DH
En 2002, le capital est augmenté de 30 à 300 millions de dirhams. Ce renforcement permet au réassureur d'accroître sa capacité d'absorption, de soutenir son développement international et d'améliorer la lecture que lui accordent ses partenaires étrangers. Les fonds propres conditionnent directement la capacité de placement d'un réassureur.
1989 : la création du FAIR Aviation Pool
En 1989, la société crée le FAIR Aviation Pool, dispositif de mutualisation des risques aéronautiques en Afrique. Il illustre la fonction de plateforme régionale du réassureur : en mutualisant des risques que chaque marché isolé ne pourrait porter seul, il contribue au développement de la couverture aviation sur le continent.
2022 : l'agrément retakaful
En 2022, la société obtient son agrément retakaful, lui permettant d'exercer la réassurance conforme aux principes islamiques. Ce nouvel agrément répond à l'essor de l'assurance takaful au Maroc et en Afrique, où les opérateurs cherchent des réassureurs habilités pour leurs activités conformes.
Actionnariat et notations financières
L'actionnariat de la Société Centrale de Réassurance reste largement public : la Caisse de Dépôt et de Gestion détient 94,41 % du capital, aux côtés d'AXA Assurance Maroc (4,58 %) et de MCMA/MAMDA (0,91 %). Cette structure explique la double nature de l'entreprise : outil d'intérêt général pour le marché marocain, société commerciale à l'international.
| Actionnaire | Participation |
|---|---|
| Caisse de Dépôt et de Gestion (CDG) | 94,41 % |
| AXA Assurance Maroc | 4,58 % |
| MCMA / MAMDA | 0,91 % |
La solidité de l'entité est attestée par ses notations : A.M. Best lui attribue la note B++ (Good) et Fitch une note AAA à l'échelle locale, avec perspective stable. Ces notations conditionnent l'accès aux marchés internationaux et la capacité des cédants à déléguer des volumes importants. La chronologie officielle du réassureur et sa présentation corporate détaillent ces éléments.
Un réassureur africain, moyen-oriental et asiatique
Atlantic Re opère dans plus de 70 marchés et sert plus de 500 clients répartis en Afrique, au Moyen-Orient et en Asie. Cette présence s'appuie sur des structures régionales établies à Abidjan, Kigali, Le Caire et Johannesburg, qui rapprochent le réassureur de ses cédants et facilitent le traitement technique des risques locaux.
La reconnaissance de cette trajectoire est établie : selon son rapport annuel 2021, la société se présente comme leader des réassureurs arabes et 3e réassureur africain. Le palmarès régional et les distinctions obtenues en Afrique sont régulièrement suivis par la presse spécialisée, comme l'atteste le suivi d'Atlas Magazine.
Le pilier du marché marocain de la réassurance
Sur son marché domestique, la Société Centrale de Réassurance remplit un rôle que n'aucun autre opérateur national : elle absorbe la part conventionnelle des cessions, soutient les cédants marocains — parmi lesquels les grands assureurs du classement des assureurs marocains — et porte la capacité nationale face aux marchés internationaux. Les assureurs marocains qui cèdent leurs risques s'appuient sur cette capacité pour sécuriser leur bilan.
Le régime CATNAT, qui couvre les catastrophes naturelles au Maroc, s'appuie sur le réassureur national : les risques y sont placés à l'international à hauteur de 90 %, la réassurance nationale organisant le passage de cette capacité. De son côté, le marché de la réassurance marocain a accepté 3,8 milliards de dirhams de primes en 2023, en progression de 4,4 %, selon les données de l'ACAPS, la régulation du secteur étant également suivie dans la newsletter de l'autorité.
Questions fréquentes
Atlantic Re et la Société Centrale de Réassurance sont-ils deux réassureurs différents ?
Non. Il s'agit de la même société. La Société Centrale de Réassurance, créée en 1960, a adopté le nom commercial ATLANTIC RE ; ce rebranding a été confirmé par l'ACAPS et par le site de l'entreprise. Les deux dénominations désignent donc un même réassureur national.
Qui détient la Société Centrale de Réassurance ?
La Caisse de Dépôt et de Gestion détient 94,41 % du capital, complétée par AXA Assurance Maroc (4,58 %) et MCMA/MAMDA (0,91 %). L'État marocain est à l'origine de la convention de création de 1960.
Quel rôle joue Atlantic Re dans le régime CATNAT ?
Le réassureur national est un acteur clé du régime de couverture des catastrophes naturelles : le placement des risques CATNAT s'effectue à l'international à hauteur de 90 %, la capacité nationale de réassurance organisant et sécurisant ce placement pour le compte des cédants marocains.
Conclusion
La Société Centrale de Réassurance, devenue ATLANTIC RE, réunit une création d'intérêt général en 1960, un actionnariat public à 94,41 %, une présence dans plus de 70 marchés et une notation solide auprès d'A.M. Best et Fitch. Sa double fonction — réguler le marché marocain, y compris via le régime CATNAT, et s'imposer comme acteur africain de référence — en fait le maillon unique de la chaîne assurantielle nationale.
Quel aspect de la réassurance marocaine souhaitez-vous que nous explorions prochainement : les traités conventionnels, le retakaful ou le rôle des pools régionaux africains ?