CDG Invest Growth est la société de gestion en capital développement du groupe CDG, l'un des premiers groupes d'investissement du Maroc. Longtemps connue sous le nom de CDG Capital Private Equity, la maison a pris son nom actuel au moment du premier closing de Capmezzanine III, un fonds de 945 millions de dirhams. Le créneau est net : des entreprises déjà établies, un chiffre d'affaires supérieur à 10 millions de dollars, des tickets de 10 à 30 millions de dollars. Ce n'est pas un fonds de startup, et cette distinction commande tout le reste de la fiche.
D'où vient CDG Invest Growth
La société de gestion a démarré ses activités en 2001 sous l'enseigne CDG Capital Private Equity. Vingt ans plus tard, elle a changé de nom pour signifier autre chose : plus seulement du capital-investissement classique, mais du capital développement, c'est-à-dire de l'argent injecté dans des sociétés dont le modèle est prouvé et qu'il faut aider à passer une étape. Le site cig.pe dresse le bilan suivant : cinq fonds levés depuis la création, plus de 380 millions de dollars d'actifs sous gestion, 31 investissements et 19 sorties.
CDG Invest Growth est adossée à CDG Invest, filiale à parts égales du groupe Caisse de Dépôts et de Gestion et bras d'investissement de ce dernier. L'actionnariat des fonds ne vient pas de family offices ni de business angels : ce sont des fonds de pension, des compagnies d'assurance et des institutions de financement du développement qui confient l'argent, ce qui explique le ton institutionnel des processus et l'exigence de dossier propre. Du temps, l'équipe a accompagné des entreprises devenues des références nationales, comme HPS dans les technologies monétiques, Intelcia dans le services externalisé et T2S dans la distribution d'équipements médicaux.
Ce qui distingue CDG Invest Growth du reste de l'écosystème marocain, c'est la taille des opérations. Le groupe a mobilisé près de deux milliards de dirhams auprès de ses investisseurs, et les tickets racontent la même histoire : on est au-dessus de ce que les fonds de capital-risque locaux peuvent écrire.
Tickets et instruments de CDG Invest Growth
Deux grilles coexistent, selon le véhicule mobilisé. La stratégie publiée sur cig.pe cible des sociétés réalisant plus de 10 millions de dollars de chiffre d'affaires, avec des tickets minoritaires ou majoritaires de 10 à 30 millions de dollars, complétés par du co-investissement avec d'autres fonds lorsque l'opération dépasse ce cadre. Le fonds Capmezzanine III, en cours de déploiement, fonctionne sur un registre plus souple : premières prises de participation en equity, mais aussi obligations convertibles et dette mezzanine.
| Instrument | Ticket annoncé | Ce que CDG Invest Growth attend |
|---|---|---|
| Croissance en equity (stratégie cig.pe) | 10 à 30 M$ par participation, minoritaire ou majoritaire | Chiffre d'affaires supérieur à 10 M$, potentiel de croissance au Maroc, en Afrique du Nord et de l'Ouest et en Europe |
| Capmezzanine III (equity, obligations convertibles, mezzanine) | 50 à 150 MDH par opération, autour d'un ticket moyen de 100 MDH | PME marocaines ou africaines à fort potentiel d'optimisation opérationnelle |
| Co-investissement aux côtés de pairs | Complément de ticket sur les grosses opérations | Structure d'opération déjà montée avec un autre gestionnaire |
Le premier closing de Capmezzanine III a réuni 945 millions de dirhams d'engagements, soit le double du fonds levé en 2015 et déjà entièrement investi. La première opération annoncée est l'acquisition d'une participation minoritaire de 23,2 % dans Soludia Maghreb, distributeur de produits pharmaceutiques et de dispositifs médicaux. Cet exemple dit tout du profil recherché : une position significative mais pas de contrôle, dans une société qui vend déjà.
Secteurs et portefeuille de CDG Invest Growth
Le portefeuille publié par la société de gestion s'étale sur l'industrie, la santé, l'agroalimentaire et les services : Little Mamma Group, Innoflex, Sodalmu, Oncorad ou encore Agri Trade Maroc figurent parmi les participations listées sur cig.pe. Le groupe cite également de longs compagnonnages avec des fleurons nationaux devenus des acteurs régionaux. La logique est la même depuis vingt ans : entrer dans des sociétés industrielles ou de services qui n'ont plus besoin d'être prouvées, mais qui doivent se professionnaliser, financer une acquisition ou ouvrir un marché.
Le secteur de la santé revient souvent, et pas par hasard : les affaires de dispositifs médicaux et de distribution pharmaceutique au Maroc ont constitué l'une des premières opérations de Capmezzanine III. Rien n'indique en revanche une préférence officielle pour un secteur unique, et CDG Invest Growth se présente comme multisectorielle.
Comment présenter son entreprise à CDG Invest Growth
Il n'existe pas d'appel à projet grand public ni de formulaire ouvert en permanence. L'entrée se fait par l'équipe de Casablanca, souvent après un travail préparatoire avec la banque qui sert l'entreprise, un avocat d'affaires ou un conseil en opérations. Le dossier qui passe tient en quatre pièces : les comptes certifiés des trois derniers exercices, un business plan pluriannuel chiffré, une explication claire de l'usage des fonds et une gouvernance qui rassure sur le suivi après l'entrée au capital.
Deux précautions valent d'être prises avant de perdre du temps. La première : la trajectoire financière doit être lisible, car le fonds achète de la croissance pas encore produite mais déjà démontrable. La seconde : le calendrier est institutionnel, plusieurs mois de due diligence ne sont pas un signe de refus. Si l'entreprise est plus petite, la dette bancaire classique reste le premier réflexe, comme le rappelle notre lecture du crédit bancaire au Maroc. Pour les actionnaires qui envisagent une sortie, la levée de fonds en bourse constitue l'horizon naturel d'un portefeuille qui vise des opérations pre-IPO.
Ce que CDG Invest Growth ne finance pas
Pas d'amorçage, pas de pré-revenus, pas de tour de quelques centaines de milliers de dirhams. Une jeune startup en phase de preuve relève d'un autre circuit, comme le Maroc Numeric Fund II ou les dispositifs d'Innov Invest. CDG Invest Growth veut une société qui tourne, avec des comptes propres et un besoin d'accélérer.
Deuxième limite, plus stratégique : l'entrée en capital s'accompagne d'une attente de valorisation à la sortie, donc d'un plan de départ écrit dès l'entrée. Les sociétés qui ne se projettent pas en cession ou en introduction en bourse seront mal à l'aise. Enfin, la taille minimale implicite exclut la grande majorité des PME marocaines : seules celles qui franchissent la barre des 10 millions de dollars de chiffre d'affaires sont dans le périmètre publié.
Questions fréquentes
Quel est le ticket minimum chez CDG Invest Growth ?
Il n'existe pas de grille unique. La stratégie publiée par la société de gestion indique des tickets de 10 à 30 millions de dollars pour des sociétés au chiffre d'affaires supérieur à 10 millions de dollars, tandis que Capmezzanine III intervient entre 50 et 150 millions de dirhams par opération, autour d'un ticket moyen de 100 millions de dirhams. Le véhicule mobilisé dépend du dossier.
Une startup au stade seed peut-elle déposer un dossier ?
Non. Le fonds finance des sociétés établies, pas des premiers tours de startup. Même une jeune pousse très prometteuse mais sans chiffre d'affaires restera hors mandat ; les premiers stades passent par d'autres acteurs de l'écosystème.
Où suivre les opérations de CDG Invest Growth ?
Le portefeuille est publié sur cig.pe, et les levées de fonds font l'objet de communiqués dans la presse économique marocaine. Le rebranding de CDG Capital Private Equity en CDG Invest Growth et le closing de Capmezzanine III ont ainsi été relayés par plusieurs titres locaux.
En résumé
CDG Invest Growth occupe une position que peu d'acteurs marocains disputent : du capital développement de taille institutionnelle, adossé à la CDG, pour des sociétés dont le chiffre d'affaires dépasse 10 millions de dollars. Equity, obligations convertibles ou mezzanine, le véhicule s'adapte au dossier plus qu'à une grille rigide. Si votre entreprise se situe sur ce créneau et que vous préparez déjà une opération de croissance ou une entrée au capital, quel premier interlocuteur vous semble le plus crédible pour ouvrir la discussion avec le fonds ?