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Abdeslam Alaoui Smaili : de Toulouse à la tête de HPS, trente ans de paiements électroniques

Abdeslam Alaoui Smaili : de Toulouse à la tête de HPS, trente ans de paiements électroniques

Abdeslam Alaoui Smaili : de Toulouse à la tête de HPS, trente ans de paiements électroniques

Abdeslam Alaoui Smaili a cofondé HPS en 1995, à Casablanca, avec Mohamed Horani, et dirige encore l'entreprise plus de trente ans plus tard. Hightech Payment Systems est coté à la Bourse de Casablanca, vend sa plateforme PowerCARD dans plus de 90 pays et a réalisé 1,55 milliard de dirhams de produits d'exploitation consolidés en 2025. Le chemin est parti d'une maîtrise d'informatique obtenue à Toulouse en 1989 et de deux sociétés de logiciel montées avant HPS. La stratégie actuelle du groupe doit beaucoup à cette origine : faire basculer un logiciel bancaire historique vers l'abonnement et le cloud, tout en cherchant de la croissance hors d'Afrique.

Le parcours d'Abdeslam Alaoui Smaili avant HPS

Abdeslam Alaoui Smaili étudie l'informatique à l'université Paul-Sabatier de Toulouse de 1982 à 1989 et y obtient sa maîtrise. Il débute ensuite chez S2M, un acteur des moyens de paiement, comme chef de projet avant d'y occuper un poste de consultant monnaie. Le Maroc reprend la main ensuite : en 1992, il monte avec Samir Khallouqui la société Hightech Informatique, un cabinet de développement logiciel basé au Royaume.

Il complète plus tard sa formation par des programmes exécutifs à l'INSEAD et à Harvard, deux passages qui reviennent dans ses biographies de conférencier. Rien ne laisse pourtant présager à l'époque qu'il deviendra l'un des dirigeants les plus suivis de la place financière de Casablanca : à trente ans, il est un ingénieur de plus qui travaille sur des logiciels pour banques.

1995 : la création de HPS avec Mohamed Horani

Le déclic, Abdeslam Alaoui Smaili l'explique par une conviction simple : le paiement électronique avait un avenir et offrait à un informaticien l'occasion de monter une affaire sans capital important. Avec Mohamed Horani, il fonde Hightech Payment Systems à Casablanca en 1995. La jeune société construit alors un logiciel autour d'un même produit, PowerCARD, qui gère l'émission des cartes, leur acceptation chez les commerçants et le traitement des transactions.

C'est ce produit qui porte l'entreprise jusqu'à son introduction en Bourse de Casablanca. Le titre y est suivi comme n'importe quelle valeur bancaire ou technologique de la place, aux côtés de groupes décrits dans le portrait de Mohamed El Kettani à Attijariwafa bank. Le marché bancaire marocain, dont les grandes enseignes et leurs systèmes d'information sont retracés dans le parcours de Naziha Belkeziz, reste le bassin d'essai historique du groupe.

De la relation client à la direction générale

Après la création, Abdeslam Alaoui Smaili s'occupe d'abord des clients. Il dirige le service de relation client de HPS jusqu'au 31 décembre 2008, une période pendant laquelle le logiciel passe de l'installation chez l'client à des déploiements de plus en plus standardisés. En 2013, il prend la direction générale de la société. Il en est aujourd'hui directeur général et dirigeur exécutif, Mohamed Horani occupant le fauteuil de présidence du conseil d'administration.

PowerCARD et la présence mondiale du groupe

HPS présente ses services à plus de 500 institutions financières réparties dans plus de 90 pays, avec des bureaux en Afrique, au Moyen-Orient, en Europe et en Asie. Le groupe évoque une implantation dans 105 pays quand Abdeslam Alaoui Smaili s'exprime en marge de l'Africa CEO Forum. Des comptes rendus de presse indiquent une présence locale dans 12 pays, environ 1 500 collaborateurs, sept centres de données dédiés au mode abonnement, six switchs nationaux ou régionaux et plus de cinquante plateformes d'interchange domestiques.

La réputation du produit se mesure aussi à des classements externes : HPS se place dans le trio de tête du guide mondial des fournisseurs établi par Datos Insights. Abdeslam Alaoui Smaili y voit la récompense d'une approche très terrain, faite de déploiements complexes chez des banques de pays très différents.

Les chiffres de 2025

Sur l'exercice 2025, le groupe consolidé atteint 1,55 milliard de dirhams de produits d'exploitation, en hausse de 22,3 % sur un an. L'EBITDA monte de 30 % à 286 millions de dirhams, le cash-flow opérationnel s'établit à 239 millions et le carnet de commandes ferme l'année à 1,67 milliard de dirhams. La croissance vient en partie de la pleine consolidation de CR2, rachetée en 2024.

Ces montants donnent au groupe la visibilité qui lui manquait. Un carnet de commandes supérieur au chiffre d'affaires annuel signifie que les contrats signés couvrent déjà plusieurs trimestres de production, ce qui compte quand on veut financer un virage technologique.

2026 : le virage du logiciel en abonnement

Le premier semestre 2026 confirme la dynamique : 761 millions de dirhams de produits d'exploitation, soit 13,1 % de croissance, et un EBITDA d'environ 122 millions, en progression de 74,7 %. Le résultat net rattaché au groupe revient à près de 35 millions de dirhams, contre une perte un an plus tôt. Les revenus récurrents et réguliers pèsent 576 millions de dirhams.

Les contrats signés sur le semestre représentent environ 400 millions de dirhams de valeur contractuelle, presque intégralement en mode abonnement. Cette somme correspond à des engagements futurs, pas à des revenus déjà encaissés. Concrètement, deux contrats PowerCARD annoncés en septembre 2025 avec de grandes banques asiatiques sont chiffrés en dizaines de millions de dollars chacun, et la plateforme en mode abonnement d'une grande banque australienne est entrée en production en avril 2026.

Réduire le poids de l'Afrique dans les revenus

L'Afrique pèse 40 % des revenus de HPS. Abdeslam Alaoui Smaili assume un objectif qui surprend : cette part doit diminuer. La croissance attendue se situe du côté de l'Asie-Pacifique et de l'Amérique du Nord, afin de ne plus dépendre d'un seul continent. Le groupe vise 300 millions de dollars de revenus d'ici 2027.

Pour y arriver, il parie sur les nouveaux instruments du paiement, dont les stablecoins et la tokenisation d'actifs, et sur le passage de ses clients au cloud. Il défend par ailleurs une souveraineté technologique africaine : des infrastructures financières conçues et contrôlées localement, plutôt qu'achetées toutes faites à l'étranger. C'est l'argument commercial d'un éditeur marocain qui vend depuis trente ans le même type de logiciel à des banques de plus de 90 pays.

Questions fréquentes sur Abdeslam Alaoui Smaili

Qui est Abdeslam Alaoui Smaili ?

Abdeslam Alaoui Smaili est le cofondateur et directeur général de Hightech Payment Systems (HPS), le groupe marocain de solutions de paiement qu'il a créé à Casablanca en 1995 avec Mohamed Horani. Diplômé d'informatique de l'université Paul-Sabatier de Toulouse en 1989, il dirige la société depuis 2013 après y avoir piloté le service client jusqu'en 2008.

Quels résultats HPS a-t-il publiés pour 2025 ?

En 2025, HPS affiche 1,55 milliard de dirhams de produits d'exploitation consolidés, en hausse de 22,3 %, pour un EBITDA de 286 millions de dirhams (+30 %). Le cash-flow opérationnel ressort à 239 millions de dirhams et le carnet de commandes à 1,67 milliard. Les comptes intègrent la pleine année de CR2, rachetée en 2024.

Quelle stratégie Abdeslam Alaoui Smaili poursuit-il à l'horizon 2027 ?

Trois axes : le passage de ses clients à l'abonnement et au cloud, la diversification géographique avec une part de l'Afrique en repli par rapport aux 40 % actuels, et l'arrivée sur de nouveaux moyens de paiement comme les stablecoins. Le groupe vise 300 millions de dollars de revenus d'ici 2027 ; les contrats signés au premier semestre 2026 représentent environ 400 millions de dirhams de valeur contractuelle, presque tous en mode abonnement.

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Redaction

Auteur chez Maroc Entreprise