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Les entreprises réinvestissent dans l'informatique

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Le plan Maroc Numeric, cette stratégie qui devrait généraliser l’usage des nouvelles technologies, manque pour l’instant de lisibilité. A-t-il péché par trop d’ambition ou ses projets manqueraient-ils de visibilité ? En tout cas, c’est ce qu’affirment les professionnels. Par exemple, le grand projet de l’administration électronique, plus visible pour le citoyen, est aujourd’hui au ralenti. Hormis quelques territoires isolés et des services publics volontaristes, la machine semble grippée. Le Fisc, le ministère de l’Intérieur (procédure dématérialisée pour l’obtention du passeport), la douane et la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS) apparaissent pour l’instant comme les bons élèves de la classe. La douane a été précurseur de la dématérialisation des procédures. Le succès que remporte les télé-déclarations sociales est la preuve que lorsqu’un service est bien étudié, il ne peut qu’emporter l’adhésion de la clientèle. De l’autre côté, le secteur privé, notamment les services de proximité, multiplie des initiatives dans la dématérialisation des relations avec la clientèle. A Casablanca, il est aujourd’hui possible de régler sa facture d’eau, d’électricité et de téléphone par internet. C’est un confort apprécié par des milliers de personnes. L’adhésion à ces prestations est une preuve de la grosse attente des entreprises. Un peu plus de 7 millions de cartes bancaires circulent au Maroc, selon les données du Centre monétique interbancaire (CMI). Les dépenses réglées par les porteurs de cartes locales auprès des commerçants affiliés au CMI ont progressé de 25% en 2010: 10,1 millions d’opérations pour 6,3 milliards de DH. Néanmoins, les commerçants font de la résistance face à ce mode de paiement. Selon plusieurs témoignages, le prix moyen d’acquisition du terminal de paiement électronique (TPE) de 5.000 DH est l’une des premières explications de leur réticence. Un argument que rejette la direction du Centre monétique interbancaire. L’opérateur monétique met gratuitement le TPE à disposition du commerçant. La raison de cette réticence trouverait-elle alors son explication dans le taux des commissions versées au CMI? Pour le Centre monétique interbancaire, ce taux appliqué sur les opérations de paiement par cartes bancaires est variable, parce que fixé en fonction de deux critères: le secteur d’activité, «le CMI subit un coût variable en % sur le montant de la transaction» et le degré d’exposition du secteur d’activité aux cartes étrangères ferait aussi que l’opérateur subit un coût variable plus élevé comparativement aux cartes locales. L’autre raison moins avouée, est la volonté de se soustraire à la transparence et la traçabilité qu’induit le paiement par carte. Il n’est pas d’ailleurs rare que l’on vous réponde poliment dans un magasin que le TPE est en panne lorsque vous sollicitez le paiement par carte.

 

197.000 PC écoulés en 2010

 

La bonne nouvelle est la forte reprise de l’investissement dans l’informatique. L’an dernier, les ventes d’ordinateurs ont enregistré une hausse de 24,6%, soit au total 197.000 PC et 1,1 milliard de dirhams de chiffre d’affaires (source Apebi). 42,1% de ces machines sont des ordinateurs bureau et 57,9% mobiles.

2011 devrait rester sur la même dynamique car le potentiel sur le marché de renouvellement du parc est non négligeable, pronostiquent les opérateurs. Il y a à l’évidence un gros effort de structuration des entreprises. La baisse des prix moyens a levé l’obstacle de l’accès à l’outil informatique pour les TPE et les PME. Cette croissance s’explique aussi par l’effet d’entraînement d’internet à domicile.

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