Le dernier rapport du Forum économique mondial (WEF) relatif aux TIC au niveau mondial 2009-2010 vient de classer le Maroc au 88e rang sur les 133 pays retenus.
Le pays recule ainsi de 2 rangs par rapport au classement de 2009. Il arrive loin derrière l’Arabie saoudite (38e), la Tunisie (39e), la Jordanie (44e), Oman (50e) ou encore l’Egypte (70e). Manifestement, ce classement n’a pas été bien accueilli par le gouvernement marocain. Selon les conclusions d’une récente note (une sorte de contre-rapport) de la direction des études et des prévisions financières (DEPF), «malgré son importance, ce rapport soulève néanmoins un certain nombre d’observations quant à la pertinence de ses résultats». Les critiques portent notamment sur la méthodologie adoptée par le WEF.
C’est le cas de l’indicateur Networked Readiness Index (NRI) à travers lequel le WEF évalue la prédisposition des pays à utiliser efficacement les TIC. Cette évaluation se fait via une grille d’analyse composée de 68 variables réparties en trois grandes composantes.
Pour la DEPF, «le NRI met surtout en avant les variables d’opinion publique dans la composition de l’indice global». Les 3/5 des 68 variables étant établies suite à des sondages d’opinion publique (variables qualitatives). Ce qui, selon la DEPF, peut donner lieu à des réponses erronées qui traduiraient soit une information incomplète des enquêtés, soit des perceptions ou des motivations subjectives des sondés. A ces limites s’ajoutent les différences culturelles entre enquêtés. En clair, les personnes sondées peuvent être animées d’un esprit critique ou d’un patriotisme qui diffèrent d’un pays à l’autre. «Cette différence serait éventuellement attribuée à l’influence des objectifs de l’organisme qui réalise l’enquête», souligne la DEPF.
Le rapport du WEF, qui classe les pays selon le niveau de développement des TIC, insiste sur le poids de ces technologies dans la croissance des économies et leur compétitivité. Les rubriques retenues à ce niveau se rapportent au cadre institutionnel et réglementaire, aux infrastructures, ressources humaines, le niveau de l’enseignement, la recherche & développement, le niveau d’abonnement téléphonique et à l’Internet, l’e-administration, l’e-commerce …
Pour 2010, les pays nordiques arrivent en tête du peloton. La Suède occupe la première place suivie du Danemark. Quant aux pays émergents d’Asie, la Chine arrive au 37e rang et l’Inde au 43e. Les deux pays réalisent respectivement un bond de 9 et 11 places par rapport à l’année dernière.
Réseau
Pour la réalisation de ce rapport, le WEF s’est basé sur des informations qualitatives (41 sur 68, soit 60% de l’indice global). Ces informations proviennent essentiellement de sondages réalisés avec le concours d’un réseau d’instituts de recherches, de professionnels et d’organisations économiques établis dans les pays concernés. Les variables sont notées sur la base d’une échelle croissante de compétitivité allant de 1 à 7 des informations quantitatives (données statistiques) auprès d’organismes internationaux tels que la Banque mondiale, l’Union internationale des technologies et l’Unesco. Pour cette année, le WEF a pris en considération, en plus du classement global, un classement par groupes de revenus (pays à revenu élevé, pays à revenu intermédiaire tranche supérieure, pays à revenu intermédiaire, tranche inférieure et pays à revenu faible). Ce nouveau classement a pour but de réaliser des comparaisons, en matière de performances en TIC, entre les pays en fonction de leurs niveaux de richesses et de leurs niveaux de développement.
















