Reconduit provisoirement jusqu’au mois d’août prochain, l’accord de pêche Maroc-UE sera enfin signé aujourd’hui mercredi à Bruxelles pour une durée d’un an. L’occasion sera aussi saisie par le ministre de l’Agriculture et de la pêche maritime, Aziz Akhannouch, pour fournir quelques éclairages à la commission du Commerce international du Parlement européen. Mais ce premier grand oral sera consacré exclusivement à l’accord agricole signé le 27 décembre 2009 et non encore ratifié. Deux évènements tant attendus aussi bien par les professionnels que les officiels marocains. Car, intimement liés, dans la mesure où les concessions faites par le Maroc sur le volet de la pêche doivent logiquement se traduire par un accès plus renforcé des produits agricoles sur les marchés de la Communauté. Seulement, des réactions négatives n’ont pas manqué de fuser du côté européen. D’essence purement professionnelle dans le cas du volet agricole, ces réactions ont été essentiellement le fait d’agriculteurs français et espagnols qui redoutaient la concurrence des tomates et clémentines marocaines.
En revanche, l’accord de pêche a suscité des réactions émanant de pays membres de l’UE qui n’ont aucun intérêt dans le domaine (voir édition du 29 juin.www.leconomiste.Com). Aujourd’hui, la donne a beaucoup changé. Pour preuve, les 27 gouvernements européens ont donné hier mardi leur feu vert pour la prolongation du protocole. Néanmoins, il doit être approuvé par le Parlement européen avant d’entrer en vigueur. Reste à savoir si le Maroc pourrait bénéficier d’une amélioration des quotas en rapport avec les avancées réalisées dans le cadre de la mise en œuvre du plan Maroc Vert. D’autant plus que la ratification de l’accord sur le volet agricole a pris beaucoup de retard puisque sa signature remonte au 17 décembre 2009. Mais quoi qu’il en soit, le nouvel accord est d’ores et déjà jugé équilibré.
Quid alors des acquis attendus? Ils sont jugés significatifs par la tutelle. Sur le plan financier, le Maroc réalise un gain immédiat net de 1 milliard de DH correspondant à la différence entre le gain réel qui est de 1,7 milliard et les retombées des concessions accordées à l’UE estimées à 700 millions.
Ce résultat découle du traitement asymétrique prévu en faveur du Maroc. D’une part, le Maroc bénéficie de l’augmentation de certains quotas, de l’élargissement de la liste des produits libres d’accès dans les pays de l’UE et, de l’autre, du renforcement du niveau de protection des filières marocaines sensibles. S’y ajoute une clause qui permet aux deux parties de se retrouver au plus tard trois ans dès que les quotas seront atteints pour certains produits. A ce niveau, l’accord prévoit que tous les produits agricoles locaux entreront librement chez le partenaire à l’exception d’une liste restreinte comprenant la tomate, l’ail, la clémentine, la fraise, le concombre et la courgette. En contrepartie, les quotas d’exportation desdits produits seront considérablement augmentés. Il est prévu, dès l’entrée en vigueur de l’accord, une hausse de 20.000 tonnes pour la tomate et de 32.000 après 4 ans. Selon le même calendrier, les quantités de courgettes augmenteront de 30.000 et 36 000 tonnes et celles de concombres de 8.800 et 10.600 tonnes.
Pour les produits libres, il n’existe aucune limitation des quantités ni de calendrier ou de prix d’entrée. Mais un prix d’entrée est maintenu pour une dizaine de produits représentant 10% de la valeur des exportations marocaines.
En contrepartie, le Maroc ouvre ses frontières à certains produits européens sans toutefois mettre en danger son secteur agricole. Il s’agit notamment des produits laitiers à l’exception du lait liquide et de la poudre de lait entier. D’autres produits sensibles, comme l’huile d’olive, le concentré de tomate, les viandes et la charcuterie, sont soumis à des contingents tarifaires à leur entrée au Maroc.
Et pour le blé tendre, aucune offre supplémentaire n’est accordée.













