La Guinée équatoriale, à peine 630.000 habitants, est en train de devenir un géant du continent. En l’espace de dix ans, cette petite république d’Afrique centrale (20.000 km2) est devenue un des premiers Etats pétroliers de la région (17,4 millions de tonnes en 2008 soit 416.000 barils/jour). Elle est le quatrième producteur d’Afrique subsaharienne après le Nigeria, l’Angola et le Soudan. La croissance économique de cet Etat est ainsi fortement dépendante des exportations d’hydrocarbures dont le gaz représente aujourd’hui 25% des recettes d’exportations et des investissements publics massifs.
Les compagnies américaines (Exxon Mobil, Triton, Marathon) qui ont fait les premières découvertes, y assurent la totalité de la production. Parmi les principaux fournisseurs et clients de ce pays, figurent les Etats-Unis (7,5%), l’Italie (6,1%), la France (3,7%) et l’Espagne (3,2%). Plus récemment, l’inévitable Chine s’y est invitée, déployant encore plus son hégémonie naissante dans le BTP, sur le continent. Un secteur en forte croissance en Guinée équatoriale, où l’Egyptien Arabs Contractors, les marocains Urbajet (Jet Sakane) et Chaâbi du groupe éponyme, essaient tant bien que mal de se faire une place au soleil. Pour ces deux derniers, le succès du groupe marocain Somagec dans les infrastructures (port, routes et autoroutes) de la Guinée équatoriale, aura été une bonne porte d’entrée dans ce marché réputé difficile. L’étape guinéenne de la caravane de l’export que certains opérateurs estiment mal préparée, est en ce sens intéressante. Pour le PDG d’IB Maroc, Abdellatif Hadef, «contrairement à l’étape camerounaise, Maroc Export n’a pas fait de focus business sur la Guinée équatoriale parce que peut-être c’est un petit marché de moins de 700.000 habitants». Il n’a pas tout à fait tort quand on sait que les attentes de ce pays, déclinées lors de la plénière, hier, par son vice-Premier ministre en charge de l’Economie, ont été énumérées en espagnol (langue officiel de la Guinée équatoriale), sans interprètes! Mais les opérateurs marocains auront compris que d’importants marchés touchant aux infrastructures, à la formation et aux logements sont à saisir. Le programme 2020 de développement de ce pays prévoit pour le seul secteur de l’électricité (production transport et distribution) un investissement de 3 milliards de dollars. La politique de modernisation de ce pays est manifeste. Le ministre du Commerce extérieur, Abdellatif Maâzouz, l’a bien saisi en orientant son focus face aux autorités équato-guinéennes sur l’offre Maroc TIC. En attendant l’industrialisation, les trois gros chantiers du pays (infrastructures, les utilités qui vont avec, la modernisation), le Maroc a une belle carte à jouer dans ce pays.













