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Consortiums à l’export, les «champions» peinent à décoller

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L’union fait-elle la force des consortiums d’exportations? Sept ans après leur lancement, sur initiative de l’Onudi (Organisation des Nations unies pour le développement industriel), les résultats de cette expérience sont mitigés. A ce jour, l’on compte à peine 29 consortiums dont 19 juridiquement constitués, 3 en cours de formalisation juridique et 7 en phase de démarrage. «Mais pour juger l’efficacité d’un projet, il faut le benchmarker par rapport à d’autres. Dans le dernier rapport de l’Onudi, le Maroc est le pays qui a connu le plus de créations de consortiums», indique Abdelali Berrada, expert national de l’Onudi.
En 2009, 7 nouveaux consortiums ont vu le jour: Casa Leather (Chaussure), Uniteam, Oléa Partners et Agro-Alliance (Agro-industrie), Construcom (Communication en BTP), Milad (Fournitures et accessoires de mode) et J&B Consors (Habillement).
Les professionnels restent néanmoins optimistes: «le nombre des consortiums passerait à 40 d’ici la fin de l’année», spécule Mohamed Alaoui, président de l’Association marocaine des consortiums d’exportation (AMCE), nouvellement créée. Tous les consortiums ont opté pour la forme juridique de Groupement d’intérêt économique (GIE). Une approche qui les tient hors circuit du contrôle fiscal.
Après le textile et habillement qui compte actuellement 10 consortiums, l’agroalimentaire commence à prendre. Quatre groupements de coopératives d’huile d’argan sont constitués et 3 en cours de formalisation juridique dans les conserves de poissons, l’huile d’olive et la confiserie et chocolaterie. «Avec le plan Maroc Vert, les opérateurs du secteur auront plus de visibilité en termes d’axes stratégiques de développement», assure Abdelali Berrada.
Sur le plan du rendement, rien ne filtre sur le chiffre d’affaires réalisé par les consortiums en 2009. Mais une chose est sûre, «dans cette conjoncture, il reste difficile d’envisager une augmentation du chiffre d’affaires. En revanche, les marchés se sont diversifiés et le nombre de clients a augmenté», assure Abdelali Berrada.
Néanmoins, si l’on se réfère aux échanges commerciaux du pays, la contribution des consortiums reste très limitée. En effet, le Royaume voit, année après année, sa capacité exportatrice se réduire. L’année 2008 a été, à cet égard, symbolique avec un trou de la balance commerciale qui a culminé à 25% du PIB, soit l’équivalent de 167,4 milliards de dirhams.
Mais pourquoi les consortiums n’arrivent-ils pas décoller? Les raisons sont multiples, selon Abdelali Berrada. Tout d’abord, le concept a mis beaucoup de temps pour susciter l’intérêt des entrepreneurs marocains. Ces derniers ne voyaient pas les avantages conférés par une stratégie d’alliance ou un partenariat inter-entreprises. A cela, il faut ajouter que plusieurs entreprises restent réticentes parce que la démarche exige un minimum de transparence. Or, peu d’entreprises sont prêtes à mettre toutes leurs cartes sur la table. «La majorité des consortiums sont constitués par des jeunes entrepreneurs qui ont une nouvelle conception de l’entreprise», explique l’expert de l’Onudi.
Ensuite, l’adhésion des associations professionnelles au projet reste très faible. Ces dernières, en dehors de l’Amith qui a une longue expérience dans l’exportation, n’ont pas les moyens pour accompagner les entreprises.
Enfin, souvent les entreprises prêtes à s’engager dans des consortiums trouvent beaucoup de difficultés à identifier les partenaires qui ont les mêmes objectifs et ambitions. «Au départ, il faut établir un bon casting car la réussite du consortium en dépend.
Les entreprises doivent être soit homogènes, soit complémentaires, pour ne pas se faire concurrence», indique Mohamed Alaoui. C’est ce qui explique, selon Berrada, le nombre élevé des groupements qui se sont désistés en cours de chemin. Au moins 15 consortiums n’ont pas pu aller jusqu’au bout.

Contraintes


UNE entreprise exportatrice, ou potentiellement exportatrice, fait face à plusieurs contraintes, selon Abdelali Berrada, expert national de l’Onudi. La première est liée à l’ouverture de l’économie nationale. Le Maroc a, en effet, fait le choix d’intégrer son économie dans un processus de mondialisation qui s’est matérialisé par une réforme tarifaire et des accords de libre-échange. Mais toutes les mesures de «mise à niveau» qui ont suivi cette décision n’ont pas abouti. Les petites entreprises (PME, PMI et TPE) se sont retrouvées désarmées face à cette nouvelle donne.
Ensuite, la concurrence internationale est devenue de plus en plus rude. La libéralisation des échanges, l’intégration de la Chine à l’OMC, le démantèlement définitif des quotas de l’Accord multifibres dès le 1er Janvier 2008 (effritement des préférences)… ont modifié les conditions de production, d’échanges et de commercialisation dans le monde. Conséquence: le marché international est devenu de plus en plus exigeant (pression accrue sur les prix, qualité, délais de livraison…). De plus, les donneurs d’ordre internationaux recherchent moins de «sous-traitants», qualité de la majorité des opérateurs marocains, que de «développeurs» qui assurent l’intégralité du processus de production.
Enfin, cerise sur le gâteau, la crise financière et économique internationale est venue enfoncer le clou en impactant l’économie réelle. «Face à ces mutations, les entreprises marocaines ne semblent avoir qu’une seule solution pour continuer à exister, c’est-à-dire se regrouper dans des consortiums», affirme Abdelali Berrada.

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