Enfin le bout du tunnel pour l’Office de commercialisation et d’exportation (OCE). L’entreprise publique sera en effet, comme déjà annoncé dans nos éditions précédentes, transformée en SA. L’option est porteuse de nombreux atouts.
A commencer par le ralliement de partenaires stratégiques et, partant, la garantie des financements requis pour les plans élaborés par l’Office. Dans le pipe, il s’agit aussi d’ouvrir le capital aux sociétés nationales et étrangères de commercialisation. Ceci, sans oublier la priorité d’associer les petits et moyens exploitants. Car faut-il le rappeler, l’entreprise publique a pour mission première d’accompagner à divers niveaux de la production, la valorisation et la commercialisation. Ce sont, entre autres, les objectifs visés à travers la mise en œuvre du projet de loi n° 26-29 dont L’Economiste détient copie. Projet qui vient de recevoir l’aval du dernier Conseil des ministres.
D’emblée, l’article premier annonce la nouvelle dénomination de la société anonyme: «Société marocaine de commercialisation et d’exportation», Smce, par abréviation. La mission de réhabiliter et de promouvoir la condition économique des petits et moyens producteurs est fortement soulignée par l’article 2. Ces derniers s’adjugent la priorité en ce qui concerne l’acquisition des actions à transférer. Mieux encore, cette catégorie d’actionnaires bénéficiera «d’une réduction de 15% sur le prix minimum des participations».
A la condition toutefois, qu’elle commercialise régulièrement ses produits par le biais de la Smce. Au-delà, la mue intervient dans le cadre d’une nouvelle vision, en termes d’identité, d’objectifs, du spectre d’intervention et d’organisation. Le tout devrait permettre à l’entreprise de se positionner en tant qu’acteur de diversification et de valorisation des produits agricoles et agroalimentaires.
Sans pour autant aliéner les droits et obligations des partenaires tiers et du personnel de l’établissement. «La transformation obéit en effet au principe de la continuité de la personne morale». Avec à la clé, la garantie de l’Etat qui maintiendrait une participation majoritaire de 51% dans le capital de la Smce. D’ailleurs son capital initial est intégralement souscrit par l’Etat. «Il sera fixé par voie règlementaire», stipule l’article 3. Mais l’article suivant précise que le «patrimoine initial de la Smce est constitué de l’ensemble des actifs et des passifs de l’OCE, tels qu’ils ressortent de son dernier bilan».
Quid alors du tour de table prévisionnel? Sans vouloir donner de précisions le DG de l’Office Najib Mikou, indique que les 49% des participations à céder doivent profiter d’abord aux petits exploitants. Elles ciblent ensuite, les partenaires stratégiques marocains dont l’apport est déterminant en termes de financement et d’expertise. A ce niveau, il faut penser à certaines banques qui accompagnent le Plan vert et autres agrégateurs de renom. Enfin, l’ouverture aux partenaires étrangers n’est pas exclue. Seulement, elle est conditionnée par la mise à contribution d’un marché ou d’une plateforme de distribution en particulier dans le domaine du commerce équitable. Car l’objectif est d’investir les marchés à fort potentiel notamment celui des Etats-Unis que les groupes exportateurs peinent à pénétrer.
L’OCE, nouvelle version, table en effet sur un volume export de 350.000 tonnes à l’horizon 2015. Sur ces quantités, 55% seront constituées de produits bio et de terroir. Les agrumes et primeurs se partageant le reste. Et l’approche sera articulée sur deux axes: le sourcing et la commercialisation. Le premier axe s’appuie sur 5 stations de conditionnement, 10 plateformes de collecte et de valorisation et 3 entrepôts frigorifiques. Alors que le second sera basé pour l’essentiel sur le commerce équitable qui recèle d’énormes potentialités.
Pour le moment, ce marché représente moins de 0,025% des exportations nationales alors que la demande porte sur plus de 40 milliards de dollars. Laquelle progresse de 10% annuellement. Quant au commerce équitable, il est riche d’un circuit de distribution fort de 50.000 points de vente à travers le monde.
















