La quasi-absence des investissements étrangers depuis le début d’année explique en partie la sous liquidité actuelle du marché boursier. A l’inverse, en 2010, les investissements, en actions cotées sur la place, ont dépassé les 167 milliards de DH soit une hausse de 15 % en une année. La progression des cours des valeurs telles que Maroc Telecom, Lafarge Ciment ou Ciments du Maroc explique essentiellement cette hausse. C’est ce qui ressort, en substance, de l’état du CDVM, recensant les informations sur les investisseurs étrangers à la Bourse de Casablanca pour 2010.
L’essentiel de l’investissement étranger en actions cotées continue d’être réalisé sous forme de participations stratégiques qui sont toutefois, quasiment stables. Elles représentent 90,4% de l’investissement étranger en 2010 et sont valorisées à 151 milliards de DH. Le flottant investi par les étrangers, même s’il est en légère hausse (0,3 points), reste assez faible. Il ne constitue que 2,8% de la capitalisation boursière à fin décembre 2010 contre 2,5% en 2009 et 2,3% en 2008. Néanmoins, cette part représente 12,5% de la capitalisation boursière flottante. Par conséquent, «l’impact négatif sur la Bourse de Casablanca que peut générer un retrait massif de cette part flottante est certes limité, mais non négligeable car il pourrait avoir un impact psychologique négatif sur le comportement des investisseurs nationaux», souligne le CDVM.
En 2010, malgré la progression du volume, la part de l’investissement étranger marque le pas. Celle-ci s’établit à 28,9% contre 28,5% un an auparavant. «L’effet prix est le principal facteur de cette hausse. A prix constant par rapport à 2009, le portefeuille actuel est valorisé à 143,8 milliards de DH», souligne le CDVM. De plus, 75% du portefeuille détenu par les étrangers se compose de cinq valeurs qui ont toutes connu, à l’exception de BMCE (-1,51%), d’importantes variations à la hausse en 2010 notamment, IAM (+10,70%), Lafarge Ciments (+49,61%), Ciments du Maroc (+28,07%) et BMCI (+11,35%).
Par nationalité, sur les 5.074 investisseurs présents sur la place, les européens arrivent en tête avec plus de 92% du total. L’analyse révèle la forte présence des personnes morales françaises qui y détiennent 130,3 milliards de DH. Cependant, leur part dans l’ensemble marque une légère baisse passant de 78,4% à 77,8%. Au même titre que leurs voisins, la part des sociétés espagnoles poursuit son trend baissier pour passer de 4,4% en 2009 à 3,9% en 2010. A l’inverse, bien que faibles par rapport aux européens, les montants des investissements des sociétés nord américaines à la Bourse de Casablanca affichent une nette hausse de 35,8% à 9,1 milliards de DH.
Par ailleurs, près de 99,9% de la capitalisation boursière est conservée au Maroc (auprès des teneurs de comptes marocains adhérents à Maroclear). Seule la valeur Maroc Telecom est en partie conservée auprès de comptes conservateurs affiliés au dépositaire central français Euroclear France. Ainsi, la part des titres conservés en dehors du Maroc est passée de 0,2% de la capitalisation boursière en 2009 à 0,14% en 2010.
D’autre part, si l’investissement étranger en actions cotées domine et affiche des progressions soutenables, celui en OPCVM reste faible et accuse d’une baisse de 8% à fin 2010. Le montant de l’investissement étranger en titres d’OPCVM passe ainsi de 1.384 millions de DH en 2009 à 1.273 millions en 2010. Pendant la même période, l’actif net global des OPCVM a connu une forte hausse de 16%. «Il ressort ainsi que cette évolution est inversée à celle du montant de l’actif net global pendant la même période», indique le régulateur. En effet, la part détenue par les étrangers et les MRE dans l’actif net global des OPCVM, a baissé en passant de 0,72% en 2009 à 0,57% en 2010. Par conséquent, leur montant demeure insignifiant comparé au total du marché des OPCVM.
Le constat actuel ressort un penchant des investisseurs pour les OPCVM « Monétaires» et les OPCVM «Obligations à moyen et long terme» (OMLT). Une préférence observée depuis plusieurs années et qui s’affirme en 2010. En effet, les OPCVM «Monétaires» constituent 49,63% de l’ensemble des investissements étrangers au titre de cette catégorie. Suivi des OPCVM « OMLT » à hauteur de 23,81% et ceux à court terme « OCT » viennent en 3e position avec seulement 9,18% du total du montant investi.
Les personnes physiques s’accaparent plus de 65% du total des investissements en OPCVM. Toutefois, ce montant recule de plus de 20% à 828,7 millions de DH à fin 2010. Contrairement aux années précédentes, durant lesquelles, les investissements des MRE étaient plus importants, en 2010, ce sont les étrangers résidents qui ont le plus placé» leur argent dans le marché financier marocain. Ils contribuent à 52% du total de ce type d’investissements. En 2e position, viennent les MRE avec 32,24%, et les étrangers non résidents arrivent,eux, en queue de peloton avec un peu moins de 16%.













