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Cartes prépayées : promenez-vous sans liquidités et sans compte bancaire

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Elles sont allées vite et bien. Introduites il y a quelques années sur le marché marocain, les cartes bancaires préépayées ont déjà gagné les catalogues de produits de toutes les banques.
Certes, aucune statistique n’existe encore pour avoir une idée sur le nombre exact d’unités en circulation de ce type de cartes ni sur l’encours qu’elles représentent. Mais les responsables commerciaux des différentes banques sont unanimes à rapporter l’essor de cet instrument. 
Et cela se comprend. Du côté de l’offre, ce produit ne pouvait qu’intéresser les banques. La clientèle non bancarisée constitue en effet une cible de prédilection pour les cartes prépayées. C’est dire que le marché marocain, avec un taux de bancarisation national encore contenu à 43% (à fin 2008, en intégrant les comptes ouverts auprès de Poste Maroc), est très prometteur.
Du côté de la demande aussi, les avantages à tirer des cartes prépayées sont nombreux. Quels sont ces avantages ? Comment bien en profiter ?

Les cartes prépayées peuvent être utiles aussi bien pour les particuliers que pour les entreprises
De toutes les formules existant sur le marché, nous ne retiendrons que les cartes prépayées non adossées à des comptes bancaires. Huit établissements commercialisent actuellement ce type de solutions : CIH, avec la carte Binatna, Poste Maroc avec la carte Bali Hani, la Banque Populaire avec ses solutions L’Hbab et Asfar, Le Crédit du Maroc avec Daba Daba, BMCE Bank avec ses cartes Dialy, Easy et Hady, Wafa Cash, filiale d’Attijariwafa bank, avec les déclinaisons de sa carte Floussy, et Société Générale avec entre autres ses solutions Banky et Ahly. Enfin, cette dernière banque, au même titre qu’Attjariwafa bank et BMCI, commercialise en plus des solutions sur mesure destinées aux entreprises.
L’offre est donc très riche. Et cela tient au fait que les utilisations envisagées pour les cartes rechargeables sont très variées.
La carte prépayée permet d’abord à une population non bancarisée ou non bancarisable d’accéder à un premier niveau de services bancaires. Cela peut être particulièrement utile aux entreprises, notamment pour la gestion de la paie des travailleurs non bancarisés (voir encadré page suivante). Pour l’entreprise toujours, cette carte peut être utilisée pour le règlement des frais professionnels aux employés (frais de séjour, carburant...) ou encore pour la perception de certaines prestations (remboursements CNSS, pensions de retraite...).
En famille, la carte prépayée peut être offerte comme cadeau ou utilisée comme support pour le versement d’argent de poche. Elle peut aussi servir à la gestion des budgets dédiés (vacances, loisirs, équipement...) et peut être alimentée d’une dotation en devises dans le cadre de voyages à l’étranger. Enfin, certaines cartes peuvent être rechargées à distance par les MRE au bénéfice de leurs proches au Maroc.
Ceci dit, quelle que soit la fonction à laquelle elles sont prédestinées, les solutions de cartes prépayées existantes présentent les mêmes spécificités en terme d’usage. La première en est que pour accéder à l’une de ces offres, il n’est pas obligatoire d’être client de l’établissement qui la commercialise. Certes, dans certains cas, les clients non bancarisés doivent être parrainés par un titulaire de compte, mais, généralement, il suffit juste de présenter une pièce d’identité au guichet des agences distributrices pour se voir remettre une carte prépayée. Celle-ci est, toutes les banques le promettent, délivrée mais surtout activée instantanément. Par ailleurs, il est à savoir qu’une mise minimale, généralement de 100 DH, est requise pour alimenter la carte dès la souscription. Cependant, la dotation initiale ne peut excéder une certaine limite, car il faut bien savoir que toutes les cartes commercialisées sont plafonnées en terme de solde (3 000 ou 20 000 DH chez Poste Maroc selon le produit, 20 000 DH aussi chez BMCE Bank...). Pour le cas particulier des cartes prépayées alimentées en devises (cartes MRE et touristes), le plafond est fixé selon les dispositions de la réglementation des changes.  
D’un autre côté, la carte délivrée est non nominative, ce qui donne à son souscripteur la possibilité d’en faire bénéficier qui il veut. Signalons au même titre que certaines banques ne fixent pas de contraintes spécifiques quant au nombre de cartes qu’une même personne peut souscrire, ce qui est par exemple le cas de Société Générale. Mais même dans le cas où une limite est désignée, celle-ci reste large, à l’exemple de BMCE Bank qui fixe à six le nombre de cartes Dialy qu’un même utilisateur peut mettre à son nom.
S’agissant du prix, les banques fixent des frais volontairement symboliques au départ pour encourager les souscriptions : 25 DH hors taxe annuellement chez CIH, 40 DH TTC chez Poste Maroc, 30 DH HT chez BMCE Bank, 40 et 60 DH TTC pour les cartes Ahly et Banky chez Société Générale...
Cela dit, il faut savoir que d’autres coûts viennent grever le prix de la carte par la suite. Il s’agit notamment des coûts de recharge. En effet, étant donné que les recharges sont appelées à être effectuées de manière fréquente, leur coût devient déterminant pour le choix des offres. Notons d’abord que ces recharges peuvent se faire par les canaux traditionnels (versement d’espèces au niveau des agences ou virement bancaire), mais aussi par d’autres voies moins conventionnelles. Chez Société Générale notamment, il est possible de recharger son compte par téléphone via le centre de relation clients ou par Internet via le site transactionnel de la banque. BMCE Bank, de son côté, offre la possibilité d’effectuer des recharges en espèces depuis ses guichets automatiques bancaires (GAB). Pour revenir au coût, BMCE Bank facture par exemple 10 DH hors taxe une recharge par virement, 5 DH une recharge en espèces depuis un guichet automatique et 6 DH une recharge par versement d’espèces en agence. Le CIH et Poste Maroc facturent pour leur part 10 DH le versement d’espèces et 5 DH le virement. Du côté de Société Générale, on assure que les recharges, quel que soit leur canal, n’occasionnent aucun frais. Dernier point s’agissant  des recharges, dans certaines solutions (carte prépayée Banky chez Société Générale par exemple), elles peuvent se faire automatiquement à cadence régulière à partir d’un compte chèque selon des montants convenus à l’avance.
L’autre volet d’opérations commun à toutes les cartes prépayées porte sur les retraits. Ceux-ci se font exclusivement depuis les GAB. L’opération est gratuite dans le cas où le retrait est fait depuis les GAB de l’émetteur, mais s’il s’agit de distributeurs de confrères, il en coûtera 6 DH HT par retrait.
En règle générale, le plafond de retrait correspond au solde disponible sur la carte. Toutefois, pour certaines solutions, le souscripteur peut fixer lui-même un plafond de retrait.
Par ailleurs, il est à noter que la quasi-totalité des cartes peut faire office de carte de paiement électronique, sous réserve pour certains produits que cette fonction soit activée. La majorité des offres est labelisée Visa ou Mastercard et bénéficie donc d’un large réseau d’acceptation. Cela dit, des solutions telles que celles du CIH, Wafa Cash et la Banque Populaire portent le label de la toute jeune norme marocaine cmi (carte marocaine interopérable).
Pour ce qui est des fonctions additionnelles des cartes bancaires prépayées, signalons enfin les possibilités données par certaines banques (Banque Populaire et Crédit du Maroc par exemple) de bénéficier des mêmes services annexes que la clientèle régulière : relevé d’opérations, paiement de factures d’eau, d’électricité et de téléphone à partir des GAB...
Entreprises :Des solutions prépayées pour les salariés non bancarisés


Avant d’être rendue grand public au Maroc, la carte bancaire prépayée a d’abord été commercialisée à l’intention des seules entreprises. La solution Oujra lancée dès 2001 par Société Générale se proposait en effet de remplacer le paiement en espèces des salariés non bancarisés et/ou non bancarisables en entreprise, par un transfert du montant des salaires sur une carte attribuée individuellement. Deux autres banques ont décliné par la suite leurs offres : Attijariwafa bank avec sa solution Ratib et BMCI?avec Cash- entreprise. Concrètement, la mise en place de ce produit s’appuie sur la signature d’une convention entre la banque et l’entreprise.?Cela donne lieu par la suite à la confection de cartes en faveur du personnel. L’attrait de cette solution pour le salarié réside dans la capacité de disposer à tout moment de sa paie au travers des GAB. Pour l’entreprise, l’avantage majeur réside dans la suppression des risques liés au transport de fonds et à la manipulation de cash.?Sans compter que l’entreprise allège les coûts administratifs liés au traitement de la paie et réduit les perturbations de la production et les interruptions prolongées du travail occasionnées le jour de la paie.? Pour ce qui est de la tarification de cette solution, elle est sur-mesure et dépend du nombre de salariés et de cartes.

Pratique :Expiration de carte, annulation, vol..., les démarches à entreprendre


D’une manière générale, les cartes prépayées non adossées à des comptes bancaires ont une durée de validité (4 ans en moyenne) plus longue que les cartes bancaires classiques. Cela tient à leur usage réputé moins intensif en nombre de retraits et de paiements. Mais à l’inverse des cartes classiques, celles prépayées ne peuvent être renouvelées à l’échéance de leur durée de validité. Dès lors, des dispositions doivent être prises avant cette date.?Si à l’échéance le porteur souhaite disposer d’une nouvelle carte, il doit en informer la banque afin que celle-ci transfère le reliquat de son solde sur la nouvelle carte. Si, en revanche, le porteur ne souhaite pas disposer d’une nouvelle carte, il peut retirer le reliquat en agence. Dans le même registre, un utilisateur qui souhaite annuler sa carte doit retirer l’intégralité de son solde au niveau d’un GAB puis demander l’annulation de sa carte en agence.?Ces démarches n’occasionnent généralement aucun frais. S’agissant enfin du vol, comme pour toute autre carte, l’intéressé doit entamer la procédure en vigueur auprès de sa banque pour une demande d’opposition afin que celle-ci puisse mettre en exécution sa requête.

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