Ambitieux, l’objectif d’atteindre 150 sociétés cotées en Bourse en 2015? Clairement oui. A quelques années de l’échéance, la place Casablancaise ne compte que 75 cotations. Si l’on considère, pour les plus optimistes, une dizaine d’IPO par an sur les 4 prochaines années, la Bourse compterait, tout au plus une petite centaine de sociétés, à terme. Cela reste loin de l’objectif fixé, certes, mais le marché pourra améliorer sa liquidité tout en gagnant de la profondeur. Pour y parvenir, la Bourse de Casablanca multiplie les actions de promotions pour inciter le maximum de PME à s’introduire sachant qu’elles ne représentent que 2% de la capitalisation boursière. Après la caravane de la Bourse en 2010, cette dernière met en place une subvention à hauteur de 500.000 DH pour les PME désirant introduire au moins 20% de leur tour de table via augmentation de capital et qui disposent d’un maximum de 50 millions de DH de fonds propres. L’objectif avoué à demi-mot, via cette mesure est de parvenir à attirer au moins trois sociétés d’ici la fin de l’année, sachant que les pronostics du management de la Bourse tablent sur 6 à 7 introductions en 2011. L’annonce a été faite, en fin de semaine dernière, lors du 6e workshop de l’année, organisé par la Bourse, relatif au financement de son entreprise par le marché boursier. A cette occasion, les intervenants se sont attardés sur les préalables nécessaires pour une introduction en Bourse et particulièrement sur les avantages liés à un appel public à l’épargne. A commencer par le financement. Pour Karim Hajji, «le coût d’une introduction Bourse qui se situe entre 2,5 et 5% est, généralement moins élevé que celui d’un emprunt bancaire», d’autant plus que l’accès au financement pose problème à 33 PME sur 100 au Maroc. A ce titre, le marché boursier propose un financement permanant grâce à une palette d’instruments soit au moment de l’introduction (augmentation ou cession de capital) soit après l’IPO. Il s’agit principalement d’émission d’obligations cotées remboursables en actions de recapitalisation post introduction… Le marché permet, également, de rationaliser le financement bancaire.
La Bourse peut aussi offrir des opportunités à l’international. Compte tenu de la notoriété qu’acquièrent les sociétés cotées, elles peuvent se positionner sur le marché international. Une IPO donne, de plus, une idée concrète sur la valorisation de la société.
Toutefois «l’introduction en Bourse n’est pas une finalité mais un point de départ de développement de son business. Il faut la préparer mais il faut surtout préparer la vie en Bourse», souligne Berrada.
En contrepartie, plusieurs prérequis sont nécessaires pour réussir son introduction. Une organisation claire associée à une bonne gouvernance et un actionnariat stable sont donc primordiaux. Il faut, en plus, un historique avéré et surtout des axes de développements clairs pour constituer un attrait pour les investisseurs. La transparence est également un aspect primordial.
Frein
En dépit de diverses mesures pour encourager les PME à franchir le pas de la Bourse, les résultats se font attendre. Et pour cause, malgré la reconduction de la carotte fiscale offerte pour les entreprises désirant entrer en Bourse via augmentation du capital, certains freins subsistent. Pour n’en citer qu’un seul, l’imposition. En effet, les actionnaires des émetteurs qui veulent s’introduire par cession éventuels sont freinés dans leur élan dès lors qu’ils sont imposés sur la base de la différence entre le prix de l’introduction et le prix historique de la société qu’elle ait été créée il y a un an ou il y a 10 ans. Le fisc ne fait pas de distinction de durée. «Ce qui est déplorable, on taxe de la même manière celui qui spécule et celui qui conserve son titre plus longtemps».
















