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Les principes de la finance ébranlés par la crise

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Avec la crise récente du secteur financier, un certain nombre de règles, autour desquelles la gestion des risques et la réglementation bancaire étaient construites, sont bouleversées.
 La crise a notamment souligné plusieurs dysfonctionnements du Risk management ou maîtrise des risques. La société internationale de conseil en stratégie, organisation et management des systèmes d’information, Ineum Consulting, qui a également un bureau au Maroc, vient de publier une analyse à ce sujet. D’après cette dernière, ce sont trois principes structurants de la vie financière qui sont ébranlés aujourd’hui: le regard porté sur les notes attribuées par les agences de rating, le positionnement du Risk Management dans la hiérarchie des banques et la réglementation relative aux capitaux propres. 
 
Dans un premier temps, le statut des notations fournies par les agences de rating: ces agences ont la tâche d’évaluer le risque de solvabilité de l’emprunteur, c’est-à-dire le risque de non remboursement de ses dettes. L’ensemble de la profession a fait confiance aux notations sans se soucier de leurs limitations. Pourtant, certains titres extrêmement bien notés ont connu des chutes de 20%. Rappelons que les notes se fondent sur des informations officielles, relatives à l’entreprise et le contexte mais aussi sur des informations plus confidentielles sur les performances et les projets de l’entreprise, résultants d’entretiens avec les dirigeants de cette dernière. Une bonne notation ne suffira désormais plus à valider l’évaluation des risques d’un investissement, notamment pour certains produits structurés. 
 
La qualité du débiteur, la propagation du défaut et la complexité du produit devront impérativement être prises en compte. Un exemple : l’agence de notation Moody’s a annoncé la semaine dernière qu’elle réfléchissait à la possibilité de retirer au conglomérat General Electric sa note «AAA» (la meilleure possible dans sa classification) en raison des difficultés de ses activités financières et son incertitude sur la qualité de ses actifs alors que l’autre grande agence de notation S&P a confirmé le «AAA» de GE la veille. A l’appui de cette décision, l’agence avait expliqué que les revenus industriels de GE étaient ressortis en haut de ses attentes et que les activités financières «continuaient d’afficher des performances supérieures» au reste du secteur. GE a annoncé qu’il allait continuer à dialoguer avec Moody’s pour conserver son précieux «rating».
 
Dans un deuxième temps, la crise a mis en lumière la nécessité de renforcer la fonction Risk management. La pression pour effectuer les transactions et générer des profits était telle que le Risk management n’était pas forcément en mesure de stopper des investissements pour le moins hasardeux. Le positionnement et le rôle du Risk management doivent donc être repensés. 
 
Enfin la troisième leçon concerne la réglementation relative aux fonds propres qui doit être repensée. Bâle II, par exemple, surveille uniquement le ratio fonds propres sur engagements pondérés. 
 
La pondération permet aux banques d’apprécier plus finement le risque: un prêt à un Etat ne doit pas exiger les mêmes fonds propres qu’un prêt à une PME. Néanmoins, utiliser des capitaux pondérés conduit à immobiliser moins de capital. En cas de crise globale, moins de capitaux sont disponibles pour faire face à la multiplication des défauts. Faut-il donc prendre en compte les actifs bruts sans pondération?

Qu’est-ce que le ratio Cooke ?


IL s’agit d’un ratio international de solvabilité que doivent respecter les établissements de crédit et les compagnies financières exerçant une activité internationale importante. C’est le rapport entre le montant des fonds propres et celui des encours de crédit. 
La fixation d’un ratio minimum répond à un objectif de renforcer la solidité et la stabilité du système bancaire. Pour le calcul, on retient les engagements pondérés selon leur nature. Le rapport fonds propres/encours pondérés doit être égal ou supérieur à 8%. 
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