
Fini le temps de l’Afrique réservoir de matières premières ? Époque où le monde des affaires ne s’intéressait au continent noir que pour piller ses ressources et l’inonder de produits manufacturés ?
Des questions qui s’imposent au vu de l’attrait grandissant qui entoure de plus en plus le continent africain. Et contrairement aux idées reçues, l’attractivité du continent repose sur des données structurelles.
En effet, les préjugés sont tenaces et entachent la perception des agents économiques. Premier cliché: la pauvreté ne recule pas en Afrique, elle stagne, voire continue à augmenter. Faux! Et les statistiques sont là pour le confirmer. Le taux de pauvreté s’est ainsi amélioré de plus de 25% en 10 ans, passant de 41,5% en 1996 à 31,8% en 2006. Ce chiffre est certes excessif en soi, mais l’important est de relever une tendance lourde qui se confirme, en attendant des études plus récentes intégrant l’impact de la crise. Il s’agit bien là d’un indicateur structurel, qui justifie en partie le regain d’attractivité du continent. Ce mégamarché de plus d’un milliard de consommateurs devient, de plus en plus, le terrain de batailles commerciales farouches entre multinationales de différentes nationalités.
En première ligne, la Chine. L’usine du monde est très agressive sur le continent. Ses principales motivations sont la sécurisation de ses apports en énergie, ainsi que la recherche de nouveaux débouchés pour ses produits manufacturés. Un enjeu qui mobilise également les autres puissances mondiales. La France bataille pour reconquérir ses marchés historiques. Quant aux Etats-Unis, ils s’échinent à redorer leur image, alors que les pays du Golfe diversifient leurs investissements pour mieux rentabiliser leurs pétrodollars. Ce constat relativise l’amélioration des termes des échanges: l’Afrique reste encore une réserve de ressources. Mais pas seulement.
Dans l’optique de cette tendance positive à long terme, les opportunités pour le Maroc sont infinies. Et le pays dispose d’atouts indéniables, tout comme il peut capitaliser sur ses relations diplomatiques privilégiées. Ingénierie, maîtrise d’ouvrage, service, financement et bancarisation… sont autant d’activités sur lesquelles les entreprises marocaines ont leur mot à dire et peuvent faire valoir leur savoir-faire. Un chiffre pour saisir l’ampleur: 130 milliards de dollars à investir annuellement en infrastructures!
















