Face à une conjoncture quelque peu défavorable, les compagnies d'assurances marocaines commenceraient par subir un ralentissement de la croissance de leur résultat.
Certains indicateurs d'activité, bien que s'inscrivant toujours dans un trend relativement ascendant, auraient marqué le pas. En 2008, selon la DAPS (Direction des assurances et de la prévoyance sociale), le montant des émissions par le secteur a atteint 19.677,67 MDH contre 17.669,73 MDH en 2007, soit une progression de 11,36% contre une augmentation de 19,93% l'année précédente. Estimé aux prix courants, le PIB s'est ainsi accru de 11,78%. Aussi la part des primes émises en affaires directes dans le PIB (taux de pénétration) s'est-elle élevée cette année à 2,86% contre 2,87% l'année précédente.
Alors que les opérations vie et capitalisation ont atteint 6.557,83 MDH (33,21% du total), contre 5.863,93 MDH en 2007 (33,09% du total), soit une progression de 11,83%, les opérations non-vie, avec 13.119,83 MDH (66,44% du total), contre 11.805,80 MDH en 2007 (66,62% du total), ont progressé de 11,13%. Dans ce sillage, les acceptations en réassurance en atteignant 68,27 MDH ont enregistré une hausse de 33,27%. Dans ses dernières statistiques livrées mardi dernier, la DAPS indique que la répartition des émissions par branches et catégories montre, pour la seconde année consécutive, une place prépondérante de la branche vie et capitalisation (33,21%), suivie par la catégorie véhicules terrestres à moteur (30,34%).
Ce département relevant du ministère des Finances relève ainsi une forte concentration des émissions. En effet, les catégories d'assurances véhicules terrestres à moteur, accidents du travail et maladies professionnelles et assurances de personnes (accidents corporels, maladie, maternité et assurances vie et capitalisation) représentent, à elles seules, 84,42%. Les primes cédées en réassurance se sont élevées en 2008 à 25.74,70 MDH, soit 13,04% de l'ensemble des émissions, contre 24.26,81 MDH une année plus tôt, soit 13,69% de l'ensemble des émissions.
Les primes cédées en réassurance en 2008 se sont réparties entre les opérations d'assurances vie et capitalisation à hauteur de 495,88 MDH (ou 19,26%) et les opérations d'assurances non-vie pour 2078,83 MDH (ou 80,74%).
Au terme de l'exercice passé, les prestations et frais payés ont atteint 10.298,05 MDH contre 91.88, 86 MDH en 2007, soit une augmentation de 12,07%. La part des réassureurs dans les prestations et frais payés s'est établie à 14.85,99 MDH, soit 14,43% de l'ensemble des prestations et frais payés.
Les charges d'acquisition des contrats ont atteint 1.757,92 MDH contre 1.548,24 MDH en 2007, soit une augmentation de 13,54%, représentant ainsi 8,93% des émissions directes.
Au titre de l'exercice 2008, les autres charges techniques d'exploitation ont atteint 2.400,52 MDH, en progression de 8,49% par rapport à 2007, représentant ainsi 12,20% des émissions directes. La part revenant aux frais du personnel s'est élevée à 933,30 MDH (38,88% des autres charges techniques d'exploitation), contre 897,11 MDH l'année précédente (40,54% des autres charges techniques d'exploitation).
A fin 2008, les provisions techniques brutes des entreprises d'assurances se sont établies à 84.162,48 MDH contre 77.162,72 MDH l'année précédente, soit une hausse de 9,07%. Par ailleurs, le poste «placements affectés aux opérations d'assurances» a augmenté de 7,91% en 2008 et s'est élevé à 8.4161 MDH (soit 100% des provisions techniques), contre 7.7991,35 MDH en 2007 (soit 101,07% des provisions techniques).
Au niveau des résultats, il y a lieu de signaler que les opérations d'assurances ont enregistré un excédent technique brut de réassurance de 4.348,31 MDH contre 9.946,75 MDH en 2007. Les produits financiers (y compris les plus-values réalisées) se sont élevés en 2008 à 5.504,54 MDH, en régression de 55,04% d'un exercice à l'autre, dont 3.011,98 MDH de plus-values sur réalisation de placements nettes contre 9.825,73 MDH
en 2007.
Le résultat net de l'exercice 2008 aura ainsi dégagé un bénéfice de 3.279,34 MDH contre 8.187,77 MDH en 2007.
La nouvelle réglementation
Compte tenu d'un contexte international tributaire des aléas de la crise financière, la DAPS avait diffusé une circulaire en date du 26 août 2008 qui préfigure l'avènement de Solvency II au Maroc. Cette réforme s'articulant autour de trois piliers. Le premier détermine des exigences quantitatives à respecter, notamment sur l'harmonisation des provisions et l'instauration de minima de fonds propres (Capital de Solvabilité (SCR) minimisant la probabilité de ruine, minimum de Capital Requis (MCR)..).
Quant au Pilier II, il impose la mise en place de dispositifs de gouvernance des risques (processus, responsabilités, production et suivis d'indicateurs…). Le Pilier III, consacré à la discipline de marché, fixe les exigences en termes de reporting et de transparence. A cet effet, la DAPS prévoit la mise en place d'un système de contrôle interne, visant à renforcer la sécurité des transactions ainsi que la solvabilité des compagnies d'assurance via une couverture plus exhaustive des risques. Par conséquent, les nouvelles exigences réglementaires en termes de fonds propres instituées par la réforme, devraient conduire à une vague de recapitalisation du secteur des assurances.
















