La restructuration conduite en 1995, a entraîné à la liquidation du quart des compagnies du secteur, ainsi que la vague de concentrations, le marché de l’assurance au Maroc concerne une quinzaine de compagnies dont le chiffre d’affaires représente encore moins de 3% du PIB. Le secteur poursuit sa restructuration avec l'adoption en novembre 2002 d'un nouveau code es assurances.
Les intérêts étrangers et plus précisément français sont présents dans les compagnies nationales, tel que AXA ASSURANCE MAROC, et LA MAROCAINE VIE, reprise en juillet 2001 par le groupe SOCIETE GENERALE.
En 2000, le chiffre d’affaires (somme des primes émises) du secteur de l’assurance a franchi la barre des 10 milliards de dirhams : le marché marocain de l’assurance aura ainsi plus que doublé en 10 ans. C’est en l’occurrence le premier marché arabe et le deuxième africain après l’Afrique du Sud. Toutefois, ce chiffre d'affaires ne représentait que 3% du PIB (à titre de comparaison, ce taux atteint 8% en Europe) : le secteur de l'assurance présente donc un potentiel de croissance important.
Depuis le début des années 1990, l'activité d'assurance vie s'est développée rapidement : alors que l’assurance vie représentait moins de 20% du total des primes émises en 1991, elle s’est progressé à 30%, soit une progression de 50% en 10 ans, sachant que l’essentiel de cette progression a été réalisé depuis 1998. Mais la répartition du chiffre d’affaires par branches montre la place encore prépondérante de la catégorie automobile (36%), devant la branche vie et capitalisation (30%).
Le résultat net de l’exercice 2000 fait apparaître un bénéfice de 1,9 MdMAD contre 4,8 MdMAD en 1999, reflétant la baisse de 65 % des produits financiers (y compris les plus-values réalisées) entre ces deux années, principalement en raison de la chute de la Bourse.
Un secteur engagé dans une vague de concentrations
- L’absorption de la petite ALLIANCE AFRICAINE par AL WATANIYA (2ème compagnie du secteur) qui consolide ainsi sa place au sein du groupe d’intérêts de la famille BENJELLOUN qui détient par ailleurs de longue Date la ROYALE MAROCAINE D’ASSURANCES ;
- La fusion D’AXA AL AMANE et de la COMPAGNIE AFRICAINE D’ASSURANCES (CAA) qui donne naissance à AXA ASSURANCE MAROC qui devient ainsi le premier opérateur du secteur (AXA ASSURANCES MAROC est détenue en totalité par une holding à 51% AXA et 49% ONA, le premier groupe industriel privé du pays).
- Le groupe d’affaires HOLMARCOM contrôlant déjà la compagnie ATLANTA a racheté la SANAD, se hissant au total à la 4ème place du secteur, juste après la compagnie WAFA ASSURANCE ; - Le groupe SOCIETE GENERALE (précisément la filiale bancaire locale de la SOCIETE GENERALE associée à SOGECAP) a pris le contrôle en juillet 2001 de la seule compagnie spécialisée dans l’assurance vie, LA MAROCAINE VIE.
- Le groupe Saham de Moulay Hafid Elalamy racheté 67% du capital de la compagnie d’assurances CNIA; le tiers restant est essentiellement entre les mains de la CDG et la BCP.
La restructuration du secteur
a – L’adoption du projet de loi sur les assurances est intervenue en novembre 2002. Ce texte clarifie les obligations juridiques et techniques de l’ensemble des opérateurs du secteur, donne un cadre légal à l’activité de bancassurance pour les produits d’assurances de personnes et encadre la réforme du Fonds de garantie automobile pour une meilleure protection des assurés. La question de la politique de placement en actions cotées est en cours de discussion. Il faut noter que la loi n'a finalement pas institué l’interdiction pour un même et unique actionnaire de posséder plus de 50% du capital d’une compagnie d’assurances de droit local. En matière de contrôle, le nouveau code permet à l'Etat de faire appel à des consultants externes, en plus des commissaires aux comptes qui certifient les comptes des compagnies d'assurances. Dans le même cadre, le code instaure un dispositif permettant à l'administration de faire face à toute dégradation de l'équilibre financier des entreprises d'assurance.
b – Une loi-cadre portant le projet d’assurance maladie obligatoire (AMO) a également été votée en 2002. Les compagnies d’assurances tentent de prendre leur place dans ce projet, alors que les autorités en charge souhaitent a priori confier la gestion de l’AMO à la CAISSE NATIONALE DE SECURITE SOCIALE (CNSS) pour la couverture du secteur privé et à la CAISSE NATIONALE DES ORGANISMES DE PREVOYANCE SOCIALE (CNOPS) pour celle du secteur public. L’enjeu est important pour les compagnies qui, si elles participent à la gestion de l’AMO pour la couverture de base et non simplement complémentaire, en feront un produit d’appel particulièrement porteur.
















