La crise ne passe pas vraiment. En tout cas, les sociétés de financement l’ont bien subie en 2010. «L’activité s’est inscrite dans une croissance modérée des concours des sociétés de financement liée à une conjoncture encore incertaine», a déclaré Abdelkrim Bencherki, président de l’Association professionnelle des sociétés de financement (APSF), lors de l’assemblée générale annuelle tenue récemment. Les prémices d’un ralentissement avaient pointé le nez en 2010 déjà: le taux de créances en souffrance a connu une hausse significative (+7,1%). La tendance semble se confirmer au terme du mois de mai 2011 (+0,7%). En parallèle, l’octroi de crédit à la consommation se replie, selon le dernier rapport de Bank Al-Maghrib sur la politique monétaire. «Les crédits à la consommation n’ont pas enregistré de flux significatifs durant le même mois, continuant ainsi leur mouvement de ralentissement constaté depuis plusieurs trimestres», souligne BAM.
L’encours à fin mars atteint 41 milliards de DH, en hausse de 6,3% sur un an. Une année auparavant, l’on était sur le même rythme de croissance. Mais le plus inquiétant reste la production qui se réduit depuis le début de l’année. Entre décembre et mars, l’encours des prêts à la consommation affiche une baisse de 0,3%.
A l’inverse, le factoring s’est inscrit en hausse de 24,4% au terme de l’exercice 2010. Les remises de créances effectuées par les deux sociétés d’affacturage membres de l’APSF (Attijari Factoring et Maroc Factoring) ont totalisé 9,1 milliards de DH, en progression de 1,8 milliard. Tout comme le factoring, l’encours comptable net des actifs immobilisés en crédit-bail s’est établi à 36,8 milliards de DH, en hausse de 2,7 milliards (+8%) par rapport à fin 2009. Ce montant se répartit à raison de 26 milliards de DH pour le crédit-bail mobilier, en progression de 7,3%, et de 10,8 milliards de DH pour le crédit-bail immobilier, en progression de 966 millions de DH. L’enjeu actuel est bien de maintenir le niveau des bénéfices des sociétés. Chose qui ne sera pas aisée, notamment pour les petites structures. De par les faibles volumes qu’elles gèrent, ces dernières affichent des coefficients d’exploitation élevés et disposent donc d’une marge de manœuvre étroite pour maîtriser leurs coûts. Les leaders du secteur auront, pour leur part, plus de latitude. Les économies d’échelle dont elles bénéficient et l’importance de leur organisation peuvent dégager des gisements de productivité.
Par ailleurs, au cours de l’exercice 2010, l’APSF s’est employée à mettre en place des mécanismes qui devraient jouer leur rôle pour maîtriser la situation et éviter les déséquilibres. Plusieurs champs ont été identifiés. Certains d’ordre opérationnel (code d’éthique des métiers de financement, médiateur de l’APSF, centrales d’information, lutte contre le blanchiment des capitaux,…) et d’autres plus techniques. L’Association compte relancer le débat de l’interdiction pour les sociétés de financement de commercialiser les produits d’assurance. Elle envisage également de poursuivre le développement du crédit à la consommation spécialisé et procéder aux adaptations pour la mise en oeuvre de la loi relative à la protection du consommateur.
Le Médiateur à fin 2010
Au terme de l’exercice, le Médiateur de l’APSF, opérationnel depuis le mois de janvier 2010, a reçu plus de 150 demandes, dont une moitié éligible à la médiation. Les 2/3 des dossiers traités concernent des cas d’endettement excessif et des demandes de rééchelonnement des crédits. Sur ces dossiers, 50% concernent une déclaration justifiée ou non au SAAR (Système d’Aide à l’Appréciation du Risque) de l’APSF. Par ailleurs, 40% des demandes de médiation ont connu une issue favorable, 30% étaient toujours en cours d’instruction à fin décembre 2010 et 30% n’ont pas abouti, faute d’acceptation par la clientèle de la solution proposée par le Médiateur.
















