- L’Economiste: Qu’est-ce qui a motivé votre projet d’OPV
- Alami Lazrak: Elle s’est imposée à nous pour plusieurs raisons. Nous sommes dans un secteur à fort développement. Notre groupe travaille sur de grands projets, divers et variés. Il était donc nécessaire à un moment donné d’ouvrir notre capital. Nous avons également tenu compte des sollicitations d’investisseurs institutionnels marocains et étrangers. A cet effet, nous avions ouvert 20% de notre capital et, dans cet engagement, il était convenu de programmer notre introduction en Bourse. Il est donc clair qu’avec cette IPO on se donne les moyens pour accomplir notre développement. Et qui dit Bourse dit transparence, dit plus d’éthique.
- Comment est organisé votre groupe?
- Nous fonctionnons selon le modèle clients/fournisseurs. Nos clients sont principalement les sociétés de développement du groupe. Seuls ou avec des partenaires, mais nous avons également des clients extérieurs.
C’est le cas lorsqu’il s’agit de réaliser un hôtel ou un ensemble immobilier pour des tiers (institutionnels ou investisseurs étrangers). Pour leur part, les fournisseurs sont tous des filiales métier mises à disposition de nos clients. Nous intervenons du développement à la réalisation, en passant par le marketing et la commercialisation pour arriver à la gestion d’actif et à la para-hôtellerie. En somme, nous sommes présents dans tous les métiers de l’immobilier.
Les filiales importantes sont celles de métier, permettant de développer, réaliser, vendre et gérer. Les autres filiales sont des entreprises immobilières. Certaines développent des projets de resorts golfiques et d’autres accomplissent des projets résidentiels classiques. D’autres encore interviennent dans le secteur intermédiaire (habitat social). De fait, nous avons une filiale dédiée exclusivement au logement social, dans un but de dissocier les deux secteurs qui sont complètement différents.
- Dans tout cela, qu’est-ce qu’ADI maîtrise le mieux?
- Sans contestation, nous maîtrisons tous ces métiers. Concernant l’habitat social, nous disposons d’une longue expérience et une bonne expertise. Pour l’hôtellerie, nous sommes leader de la construction d’hôtels dans le pays. Nous avons d’ailleurs assuré la construction de tous les hôtels Accor au Maroc.
Il y a également l’hôtellerie de luxe avec les Four Seasons. A cet effet, nous avons signé un accord de partenariat avec Accor (à leur demande) pour la réalisation de l’ensemble de leurs constructions d’hôtels. Actuellement, nous réalisons les Sofitel de Casablanca, d’Agadir, le Suite Hotel de Marrakech, l’Ibis d’Essaouira et celui de Tanger,… Ainsi ce contrat d’exclusivité porte sur 2 ans par tacite reconduction.
Notre force réside dans le respect des engagements, que ce soit en termes de délais ou de prix. Ceux-ci sont très bien étudiés. Il faut savoir que les délais pour les hôteliers sont primordiaux, car ils sont obligés de programmer l’ouverture 6 mois, voire 1 an à l’avance. Il n’y a pas de place à l’amateurisme. A titre d’exemple, nous avons livré l’Ibis et le Novotel du City Center de Casablanca (environ 600 chambres) dans les délais.
Aujourd’hui le remplissage de ce dernier enregistre un record de 66%. Idem pour l’Ibis qui est rempli à près de 92%. De plus, ces lieux ont été livrés clés en main. Il y a donc un véritable savoir-faire. Ce qui nous permet de bien nous positionner dans l’immobilier de luxe.
Cela nous amène à la valorisation. Quelle a été votre démarche?
Notre volonté est de permettre à une large couche de la population d’accéder à l’action d’Alliances. Il faut que le prix soit accessible pour que les gens qui nous ont fait confiance puissent la garder dans leur portefeuille et ainsi avoir un retour convenable sur leur investissement.
De plus, notre valorisation repose sur un business plan prudent. En fait, nous nous sommes principalement basés sur la réserve foncière existante (3.600 hectares) et sur des sociétés projets déjà engagés par le groupe. Ce sont des projets réels qui sont désormais connus, dont le foncier est soit réglé à 100%, soit en cours de règlement (car terrains relevant du patrimoine de l’Etat). Par ailleurs, nous disposons de suffisamment de moyens pour permettre de pérenniser l’activité du groupe en achetant d’autres réserves foncières. Cela nous amène à évoquer les deux augmentations de capital. La première, qui était de 1 milliard de DH, nous a permis de consolider notre réserve foncière. La seconde qui fera l’objet de l’introduction est destinée à continuer à la développer. Cependant, nous n’allons pas considérer d’autres projets liés à cette manne financière.
Comment avez-vous ficelé l’offre pour cette introduction?
Compte tenu de la taille importante de l’opération, nous avons voulu, en concertation avec Attijari Finance Corp, notre syndicat conseil, qu’elle soit la plus ouverte possible au public.
Dans ce cadre, nous avons mis en place une structuration accès à 40% aux salariés et personnes physiques. Le reste sera réservé aux professionnels de la Bourse, les institutionnels qualifiés et les personnes morales marocaines et étrangères. Dans la partie réservée au public, nous avons imaginé une structure qui permette de satisfaire au maximum les petits porteurs, à l’image de ce qui a été fait ces derniers temps. Ainsi, le syndicat conseil a innové comme à son habitude, en imaginant pour le grand public, deux types d’ordre. C’est une première pour cette IPO. Le premier est réservé au très grand public, 30% de l’opération, soit 600 millions de DH seront servis par itération. Le second, dédié à cette tranche, concerne les personnes physiques à forts moyens financiers. De plus, nous avons créé un décloisonnement entre personnes physiques, à partir de 5 millions de DH. Cette opération représente 8% de l’offre. Concernant les institutionnels, trois types d’ordre leur ont été alloués.
















