Diversification des exportations, relance des produits de l'agriculture, approvisionnement fiable en ressources énergétiques, formation des compétences en matière de recherche-développement et innovation, perfectionnement des services bancaires et d'assurances,
ainsi que le développement d'un dispositif de transports efficaces pour fournir, à des prix compétitifs, d'importants volumes de produits, telles sont les recommandations que lancent en gros les économistes de la Cnuced dans leur dernier rapport pour booster les exportations africaines et in fine
le PIB et la croissance économique.
Des recommandations qui ne semblent pas tomber dans l'oreille d'un sourd. Le gouvernement marocain s'assigne bien la mission de promotion des exportations. Cette mission qui nécessite bien, pour la concrétiser, des moyens financiers et une stratégie ficelée au plus grand soin se voit dotée aujourd'hui d'un fonds spécial de 500 millions de dirhams. Abdellatif Maâzouz, ministre du Commerce extérieur, l'a annoncé dimanche dernier à Villepinte (région parisienne), à l'occasion de l'ouverture du Salon international de l'alimentation (SIAL) auquel prennent part une cinquantaine d'agro-industriels marocains. «Le budget de l'État prévoit, pour la première fois, un fonds de l'ordre de 500 millions DH dédié au développement des exportations en attendant la valorisation des besoins qui seront définis dans une stratégie en cours de finalisation», a-t-il précisé.
Le principal du fonds sera sans doute consacré au secteur phare de l'agroalimentaire. En effet, « le secteur de l'agro-industrie, qui compte quelque 2.100 unités de production et génère 80.000 emplois directs, revêt une grande importance pour l'économie marocaine dans la mesure où il représente 18 % des effectifs et des exportations de l'industrie, et intervient à hauteur de 8 % dans le PIB national et constitue le tiers du PIB industriel », a commenté Abdellatif Maâzouz.
Les capacités exportatrices du secteur agroindustriel seront donc promues rationnellement et suivant une stratégie aux axes bien définis. « Une stratégie qui vise une meilleure valorisation des ressources agricoles et halieutiques ainsi que le développement d'une offre nationale compétitive», précise Maâzouz avant de rappeler le très ambitieux plan sectoriel Maroc Vert. Le plan est destiné au renforcement en amont du secteur de l'agriculture par la mobilisation d'un potentiel foncier considérable au profit des investisseurs tant nationaux qu'internationaux capables d'assurer une production agricole locale de qualité, régulière, diversifiée et à des prix compétitifs, a expliqué le ministre. Maroc Vert, a-t-il dit, est basé sur le développement de l'offre à travers aussi bien la modernisation et l'élargissement des capacités des grandes entreprises que la modernisation et l'appui à la petite production agricole.
Pareillement, la relance des exportations marocaines agroindustrielles bénéficie de l'existence d'un programme de démantèlement tarifaire des matières premières destinées au secteur, de quoi lui permettre de faire face aux aléas climatiques.
À ce niveau, le ministre du Commerce extérieur n'a pas oublié de faire savoir que ce programme a déjà servi les produits de la mer dans la mesure où il y a insuffisance de l'offre, avant de s'étendre progressivement à d'autres produits.
La dynamique promotionnelle du secteur est, entre autres, également appuyée par le Centre marocain de promotion des exportations (CMPE).
Saâd Benabdallah, directeur général, a indiqué que son centre accompagne la démarche prospective que mène le gouvernement et qui devrait conquérir de nouveaux marchés et augmenter la part de marché du Maroc sur le territoire marchand de l'UE, premier débouché pour le secteur agro-industriel national. La présidente de la Société marocaine d'assurance à l'exportation (SMAEX), Nezha Lahrichi, a fait savoir, quant à elle, que l'agroalimentaire est le premier secteur assuré par SMAEX et qui accompagne l'exportateur dans la mesure où elle fait un travail d'information, d'investigation et de préparation des marchés.
Il faut noter que la forte présence des professionnels marocains au SIAL est l'un des moments forts de cette promotion. Le SIAL, auquel ont convergé quelque 5.300 exposants de 99 pays, est l'occasion pour les exportateurs et groupes d'exportateurs leaders dans le secteur de l'agro-industrie au Maroc de renouer avec leurs clients traditionnels de l'UE et de rechercher de nouveaux débouchés parmi les 136.000 visiteurs professionnels attendus des quatre coins du monde.
Présents sur un pavillon de 1.100 m2, les professionnels nationaux exposent une panoplie riche et variée de produits agro-industriels constituée notamment de conserves de poisson, d'huile d'olive, de conserves végétales et d'huile d'argan. Pour marquer la présence du Maroc à cette manifestation de cinq jours, le CMPE a mis en place un riche programme de communication qui se décline en campagne d'affichage dans l'enceinte du Salon et une campagne publicitaire dans le catalogue et le site web du SIAL.
La participation du Royaume au SIAL est pilotée par le CMPE en collaboration avec la Fédération nationale des industries de transformation et de valorisation des produits de pêche (FENIP) et la Fédération des industries de la conserve des produits alimentaires du Maroc (FICOPAM).



















