MAROC ENTREPRISE

Portail des décideurs

  • Full Screen
  • Wide Screen
  • Narrow Screen
  • Increase font size
  • Default font size
  • Decrease font size

Services Maroc Entreprise

Agroalimentaire au Maroc

Finances


Industrie sucrière, le Maroc pas assez autosuffisant

E-mail Print PDF

Les Marocains aiment le sucre! Voilà une boutade qui est souvent revenue lors des débats de la 37e session du conseil de l’Organisation internationale du sucre (OIS). Cette année, cette session se déroule du 1er au 3 juin à Marrakech, car le Maroc assure la présidence de l’OIS durant l’année 2010. 

Le thème choisi pour cette session est «L’économie sucrière en Afrique: bilan et potentialités de développement». L’occasion de revenir sur les enjeux de la filière sucrière en Afrique, mais aussi plus spécifiquement au Maroc, qui se positionne comme le 5e plus grand consommateur de sucre au niveau mondial. «Le Marocain consomme en moyenne 35 kg de sucre par an. Il s’agit donc là d’un marché colossal. Au total, ce sont 1,16 million de tonnes de sucre consommées par an, avec une croissance annuelle estimée à 1,8%», indique Mohammed Fikrat, président de l’OIS et PDG du groupe Cosumar. Quant au chiffre d’affaires du secteur, il est estimé à 5,696 milliards de DH par an.

Des besoins énormes, donc, mais aussi une grande dépendance vis-à-vis de l’étranger. Car le Maroc est le 4e plus grand importateur de sucre. La production locale ne permet de couvrir que 45% des besoins de la population. Dans le cadre du plan Maroc vert, des objectifs chiffrés ont été établis. «Un contrat-programme a été signé en 2008. L’objectif est de produire 675.000 tonnes et de monter à 55% la production déstinée à la consommation nationale en 2013», indique Aziz Akhannouch, ministre de l’agriculture et de la pêche maritime.

On trouve au Maroc deux types de plantes sucrières: les betteraves et la canne à sucre. Elles se situent dans cinq périmètres irrigués: le Gharb, Doukkala, Loukkos, Tadla et Moulouya. Les betteraves s’étalent sur une superficie de 60.000 ha et les cannes sur 20.000 ha. Le secteur emploie 85.000 familles d’agriculteurs et crée neuf millions de journées de travail saisonnier par an. A noter qu’il s’agit la plupart du temps de petits agriculteurs, qui exploitent au maximum une superficie d’un ha. Le salaire d’un agriculteur est évalué à 3.000 dollars par an, soit environ 28.000 DH.

L’industrie sucrière est dominée par la société Cosumar. Le groupe est l’unique opérateur national dans ce domaine. Il se subdivise en huit unités qui produisent du sucre à partir des plantes sucrières ou raffinent du sucre brut importé. On trouve sur le marché du pain de sucre (37% de la consommation en 2009), du sucre granulé (50%) et du sucre en morceaux (13%). Parmi les marques de sucre made in Maroc, citons «Le palmier», «Enmer», «La Gazelle», «El Bellar»…

Les défis de l’industrie sucrière sont grands, si elle veut atteindre les objectifs du plan Maroc vert. «Le secteur doit se restructurer en profondeur. Il est caractérisé par un manque de main d’œuvre. De plus, il faut lutter contre les maladies et l’outil industriel doit se moderniser. Sans oublier que l’eau va se faire de plus en plus rare», souligne Ahmed Ouayach, président de la Confédération de l’agriculture et du développement rural (Comader). Des études sont donc menées actuellement pour analyser les solutions permettant d’améliorer le rendement de la filière. Les résultats montrent qu’il est possible de faire jusqu’à 41% d’économie d’eau et qu’on peut réduire la dose d’azote de 30%. Côté maladies, celles qui affectent principalement les cultures sont la cercosporiose et la pourriture molle de la betterave. A ce niveau-là, la technique de la solarisation pourrait avoir des effets positifs. Enfin, il s’agit d’augmenter la mécanisation du secteur, pour lutter contre le manque de main d’œuvre.

 

Dans l’histoire…

C’EST dès le 9e siècle que le Maroc se lance dans la production de sucre. A cette époque, la culture de canne à sucre était développée dans les régions du Souss et de Chichaoua. Cette industrie à continué jusqu’au 16e siècle et puis elle a connu un déclin, à cause des conditions climatiques. Dans les années soixante, les pouvoirs publics ont mis en place un plan pour l’introduction de plantes sucrières et, en parallèle, un programme de création de sucreries publiques. A partir de 2005, l’Etat s’est désengagé de la gestion commerciale des sucreries et on a assisté à un processus de privatisation. Les sociétés sucrières publiques ont été intégrées au groupe Cosumar, qui est aujourd’hui l’unique opérateur industriel sucrier national.

 

 

 

 

You are here: Agroalimentaire Industrie sucrière, le Maroc pas assez autosuffisant